Redoutées, les visites de routine chez le gynécologue s’accompagnent de nombreuses craintes. Entre les étriers, les femmes se sentent souvent vulnérables et en position de faiblesse. Lors de ce rendez-vous très intime, une patiente a remarqué que le professionnel de santé qui l’auscultait portait des lunettes dotées de caméra : les fameuses Meta. Et ce n’était pas pour approfondir l’examen mais par pur voyeurisme. Un récit glaçant qui témoigne de la dangerosité de ces lunettes augmentée.
Le récit d’une patiente victime d’une pratique odieuse
C’est un moment que les femmes appréhendent des semaines avant la date fatidique. En général, le rendez-vous chez le gynécologue est un mauvais quart d’heure à passer. En France, plus d’une femme sur deux a déjà reporté ou renoncé à ce check-up intime par crainte du jugement, de la douleur ou des résultats qui s’en suivent. Se retrouver presque totalement dévêtue face à un professionnel de santé muni d’une lampe torche parti explorer les tréfonds de notre entrejambe est particulièrement inconfortable. Difficile de rester détendue dans une posture aussi embarrassante et si peu naturelle. Nombreuses sont celles qui ont vécu une mauvaise expérience et qui gardent un souvenir traumatisant de leur premier frottis ou de cette entrevue médicale.
Dans une publication du compte @grandebavardeuse, une jeune femme a raconté son histoire ou plutôt son calvaire entre les murs feutrés du gynécologue. Ce témoignage faisait suite à un appel à témoin lancé par la détentrice du compte et formulé ainsi : « avez-vous déjà été filmé à votre insu par des lunettes Meta ? ». Lors de l’examen, la femme, que l’autrice a rebaptisé Eva par souci d’anonymat, a remarqué un détail inhabituel. Non pas une attitude froide ni un ton sec, mais une paire de lunettes désormais culte. Tristement célèbre pour leur violation de la vie privée. Ces montures noires aux bords épais avec objectif intégré culminaient sur le nez du professionnel de santé.
Le voyant n’était pas allumé, elle a donc essayé de se rassurer jusqu’à l’obtention de l’ordonnance. Cependant, avec quelques notions d’informatique, il est assez facile de trafiquer la caméra et de filmer en toute impunité, l’air de rien. Un détournement technologique que Meta dénonce d’ailleurs fermement. En cherchant le nom de cet homme sur Google, la patiente a découvert une série d’avis négatifs relatant du même problème.
Un témoignage lancé comme un pavé dans la mare
Il y a quelques temps encore, les lunettes Meta s’apparentaient à une œuvre de science-fiction, un pur produit de série à la « Black Mirror ». Pourtant, aujourd’hui, elles se présentent comme une technologie d’avenir, un symbole du progrès. Kylie Jenner en fait même la promotion tout comme les influenceurs. Renforcées par l’IA, elles sont capables de traduire des textes en temps réel, de décrire des scènes avec précision, de prendre des photos à la demande, de diffuser de la musique sans être coupé du monde. C’est une invention jugée révolutionnaire.
Cependant, si elles donnent de l’espoir aux personnes malvoyantes et sont d’une précieuse aide lors des voyages en terre inconnue, elles ont aussi leur limite et peuvent enfreindre le droit à l’image. Entre de mauvaises mains, elles deviennent une arme redoutable pour les prédateurs. Ce qui leur a même valu le surnom très évocateur de « lunettes de pervers ». La créatrice de contenu militante @grandebavardeuse a d’ailleurs reçu de nombreuses réponses à son appel à témoin. Preuve qu’il s’agit là d’un nouveau fléau moderne. Sur les réseaux sociaux, les femmes craignent de découvrir leur visage ou pire, leur anatomie étalé sans flou au milieu des internautes.
Une technologie utilisée à des fins malveillantes
Ces lunettes dopées à l’intelligence artificielle sont nées avec de grandes ambitions : faciliter le quotidien de monsieur et madame tout le monde. Sauf que voilà, comme la plupart des gadgets accessibles au grand public, elles ont surtout fini par simplifier le mode opératoire des séducteurs machistes et des délinquants sexuels. Les témoignages recueillis par @grandebavardeuse, qui font d’ailleurs d’excellents éléments à charge, ne sont que le reflet d’une réalité terrifiante voire d’un fait divers 2.0.
Depuis la création de ces lunettes Meta, les femmes se sentent encore plus en insécurité et ce aux quatre coins du globe. Selon une enquête de la presse suédoise, les lunettes connectées Ray-Ban Meta auraient capturé des images intimes de personnes à leur insu pour les envoyer à un sous-traitant au Kenya. De l’autre côté de l’Atlantique , des groupes d’hommes s’amusent à filmer des masseuses dans des salons aux États-Unis. Ce toujours sans consentement.
Nées d’une bonne intention, les lunettes Meta sont ainsi devenues des aimants à polémiques et attirent la méfiance des femmes. Pour la gent féminine, c’est plus un outil dangereux qu’une noble révolution.
