Malgré une tenue à l’opposé du chasuble numérotée et du short large, ensemble réglementaire des joueuses de basket, elle a réussi un exploit sportif face à des adversaires masculins, pourtant bien décidés à dominer le match. En infériorité numérique sur ce terrain de basket urbain, elle a enchaîné les prouesses techniques et dribblé jusqu’au panier perchée sur des chaussures de soirée. Une démonstration de talent et de style qui ne laisse personne insensible.
Marquer des paniers en talons et en combishort : du jamais vu
En général, les tournois de basket se jouent dans une tenue officielle composée d’un jersey sans manche, d’un short qui permet une certaine liberté de mouvement et d’une paire de baskets capable d’accompagner les impulsions jusqu’au sommet du panier. Dans ce sport d’équipe, les joueuses professionnelles doivent être solides sur leurs appuis. Difficile de les imaginer dunker dans un look de gala ou sur des chaussures aux allures d’échasse vertigineuse. Pourtant, la créatrice de contenu @demiara_wavey l’a fait : elle a accompli l’impensable, en gardant la pleine possession du ballon malgré une tenue qui se prête guère aux pointes de vitesse et aux propulsions hors-sol.
Hissée dans une combi-short satinée, plus étudiée pour les dîners mondains que pour les lancers francs, elle culmine à plusieurs centimètres du bitume, sur des sandales qui exigent un bon sens de l’équilibre. Visiblement apprêtée pour un repas chic auréolé de nappe blanche ou une soirée sur le thème de l’élégance, elle n’a pas résisté à l’appel du rebond. Avant de rejoindre sa destination finale, elle s’est adonnée à quelques passes sur un terrain de rue, construit entre prairies et lacs.
Un lieu récréatif pour adulte campé exclusivement par des hommes lors de son irruption. Contre toute attente, elle n’a pas fait demi-tour : elle a franchi la ligne de jeu fatidique, sans même retirer ses souliers. Elle n’a laissé aucun temps mort à ces messieurs et n’a pas manqué de les faire transpirer. Alors que le commun des mortels aurait déjà fini par terre avec une entorse à la cheville, cette athlète surhumaine reste imperturbable. Elle donne presque l’illusion de la facilité.
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Des compétences sportives qui s’affirment dans différentes tenues
Cette joueuse chevronnée, qui a des années d’entraînement à son compteur, s’exerce régulièrement hors des gymnases, sur des terrains “grand public”, construits à l’air libre. Ce qui explique sa maîtrise impeccable et sa résistance face à ces hommes, qui ont perdu un peu de leur égo en même temps que ce match bon enfant. D’ailleurs, la jeune femme n’en est pas à son coup d’essai. Jouer dans des tenues “non conventionnelles”, qui dénotent de l’équipement traditionnel, fait partie de sa direction artistique. C’est le fil rouge de ses contenus 2.0, sa marque de fabrique.
S’il lui arrive de faire résonner la balle dans des tenues plus conformes au dress code de base, elle jongle volontiers avec les looks, passant du jogging baggy à la mini-jupe ou des sneakers amortis aux iconiques semelles vermillon. Dans une vidéo, on la voit même tester les limites de son habileté en robe de mariée fendue et en escarpins immaculées. Cette démarche est loin d’être superficielle. Ce n’est pas un prétexte pour attirer l’attention, ni un appât du clic. C’est simplement l’illustration d’une femme qui peut être tout à la fois : sportive, coquette et puissante. De toute façon, les étiquettes ne vont pas avec ses compositions mode.
Plus qu’un match amical : une façon d’occuper l’espace publique
Au-delà de réussir un défi technique et vestimentaire, avec des talons à la place de la semelle renforcée, @demiara_wavey venge également toutes ces femmes, qui ressentent l’obligation de se faire petites en extérieur et qui s’effacent au lieu d’exister pleinement. Dès l’enfance, les filles sont de simples spectatrices des parties de foot improvisées ou des jeux de ballon, cantonnées à un petit coin rétréci de la cour de récréation.
Une fâcheuse habitude qui se prolonge à l’âge adulte, lorsque les femmes rasent les murs ou quand elles rêvent de disparaître sous la cape d’invisibilité de Harry Potter. Chaque infrastructure urbaine, logiquement accessible à tous, est prise d’assaut par les hommes. Que ce soit les terrains de baskets à ciel ouvert, les skateparks ou les zones de street workout, les femmes ne s’y sentent pas les bienvenues. Pourtant, aucun sigle féminin barré à leur entrée. C’est un interdit inconscient. Cette athlète, qui s’impose autant par le cliquetis de ses talons que par les rebonds du ballon orange, ne demande pas la permission pour prendre sa place. Elle suit ses envies sans se poser de questions et fait de chaque apparition un manifeste.
Finalement, @demiara_wavey ne se contente pas de présenter les plus belles pièces de son dressing en tapant le ballon. Si certains disent que le “sport n’est pas un défilé de mode”, cette fine connaisseuse du basket parvient à faire rimer féminité et force de frappe.
