Contrainte de dormir avec des tuyaux dans les narines, elle a trouvé une autre utilité à cette machine imposante vouée à soulager son affection nocturne. En plus de l’aider à respirer correctement, cet engin bruyant semble avoir une fonction supplémentaire : celle d’un accessoire capillaire. En enroulant ses mèches autour du respirateur, elle obtient des boucles ultra définies au réveil. Une idée ingénieuse qui rivalise avec tous les autres DIY du net, à renfort de chaussettes. Si cette astuce paraît assez anecdotique, elle a le mérite de valoriser un appareil qui a rarement sa place entre les pixels.
Quand l’appareil médical se mue en boucleur sans chaleur
Sur les réseaux sociaux, les objets du quotidien sont régulièrement réquisitionnés pour remplacer les accessoires beauté les plus sophistiqués. Des chaussettes deviennent des bigoudis, une ceinture de peignoir se transforme en rouleau à boucles et les passoires servent parfois de diffuseur improvisé. Ashley Noll, derrière le compte @ashspirational, a trouvé encore plus inattendu : détourner son dispositif de traitement contre l’apnée du sommeil.
Avant d’aller se coucher, la créatrice de contenus humidifie ses longueurs puis les enroule autour des éléments souples de son masque de CPAP, acronyme anglais de « pression positive continue ». Elle fixe le tout avant de s’endormir avec son appareil comme à son habitude. Quelques heures plus tard, le masque quitte son rôle strictement médical et révèle un brushing sans chaleur aux boucles rebondies.
Ashley a elle-même baptisé cette technique « CPAP curl maxxing ». Elle n’en revendique d’ailleurs pas la maternité : d’autres utilisatrices, dont Kayla Fawcett, avaient déjà expérimenté cette rencontre improbable entre soin médical et beauty hack. Mais sa propre démonstration a fait exploser les compteurs et installé un objet habituellement absent des contenus beauté 2.0. Le résultat est amusant, mais l’intérêt de la vidéo dépasse largement la qualité de ses ondulations.
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Rendre un appareil encombrant un peu moins intimidant
Ashley utilise une CPAP pour prendre en charge son apnée du sommeil. Cette machine envoie de l’air sous pression par l’intermédiaire d’un masque ou d’un embout nasal afin de maintenir les voies respiratoires ouvertes pendant le sommeil. Elle constitue l’un des traitements les plus courants de l’apnée obstructive du sommeil.
Sur le papier, sa fonction est purement médicale. Dans la chambre, sa présence est beaucoup plus concrète. Il faut composer avec un masque, un tuyau, des sangles et parfois des marques laissées sur le visage au réveil. La Mayo Clinic rappelle d’ailleurs que certains utilisateurs rencontrent au départ des difficultés liées au confort du masque, aux fuites ou à la sécheresse nasale et buccale.
Ashley connaît précisément cette réalité. Plutôt que de cadrer soigneusement ses vidéos pour faire disparaître son appareil, elle lui réserve une place au premier rang. Son compte Instagram ressemble ainsi à la rencontre improbable entre un journal intime, une rubrique beauté et un carnet de bord consacré au sommeil.
Elle déballe des produits destinés à améliorer le confort de ses nuits, montre les traces laissées par son masque, partage ses astuces et vulgarise ce que signifie réellement dormir avec une CPAP. Avec elle, le dispositif ne disparaît pas derrière une table de chevet au moment d’appuyer sur « enregistrer ».
Faire de l’autodérision un remède contre la gêne
C’est surtout le ton employé qui change la perception de l’objet. Ashley ne présente pas son appareil comme un accessoire adorable qu’il faudrait absolument aimer. Elle reconnaît les contraintes qu’il impose, puis décide de s’en amuser. Son humour lui permet de reprendre un peu de contrôle sur ce corps appareillé pendant la nuit.
Dans une interview publiée en août 2026, Ashley expliquait avoir été gênée par sa CPAP lorsqu’elle avait commencé à l’utiliser. Après la viralité de ses vidéos, plusieurs femmes lui ont raconté qu’elles repoussaient un examen du sommeil ou avaient arrêté de porter leur appareil parce qu’elles se sentaient peu séduisantes avec. Certaines lui auraient indiqué que ses contenus leur donnaient envie de reconsidérer ce regard. Voilà peut-être la partie la plus intéressante de son beauty hack.
En transformant momentanément les sangles qui encadrent son visage en rouleaux pour ses cheveux, Ashley ne rend pas la maladie glamour. Elle rend surtout visible une réalité médicale que les images très contrôlées des réseaux sociaux ont tendance à évacuer.
À l’heure où les réseaux sociaux adorent les routines du coucher parfaitement satinées, Ashley rappelle qu’une nuit peut aussi commencer avec un masque médical, un tuyau et beaucoup d’autodérision. Puisqu’elle doit dormir avec cet équipement, autant lui trouver une place dans son rituel beauté. Quitte à se réveiller, au passage, avec des boucles dignes d’un tuto.
