Vous pensiez que Squid Game était une pure fiction ? Détrompez-vous

Lorsque la série sud-coréenne « Squid Game » a déferlé sur les écrans du monde entier, beaucoup l’ont perçue comme une dystopie brutale et fictive. Pourtant, derrière ses jeux d’enfants mortels et son esthétique glaçante, la création de Hwang Dong-hyuk puise ses racines dans un événement bien réel : la grève de Ssangyong Motor en 2009.

Une fiction nourrie par une crise réelle

Dans une interview donnée au New York Times en juin 2025, le créateur de la série Hwang Dong-hyeok explique : « Nous avons touché quelque chose dans l’air du temps ». Selon lui, « Squid Game » résonne autant parce qu’il s’ancre dans une réalité de plus en plus familière : la compétition sans fin imposée par nos sociétés et la précarité économique croissante.

Le personnage principal, Seong Gi-hun (numéro 456), est directement inspiré d’un fait historique : la grève des ouvriers de Ssangyong Motor. En 2009, ces derniers ont vu leurs postes supprimés après la faillite de la société contrôlée par un groupe chinois. Le résultat : une occupation de l’usine pendant 77 jours, des affrontements violents avec la police, et des centaines de vies bouleversées.

La grève de Ssangyong : un tournant dramatique

Le conflit social débute en avril 2009 quand Ssangyong Motor annonce la suppression de 36 % de ses effectifs. En mai, près de 1 000 ouvriers entament une occupation de l’usine de Pyeongtaek. L’opération tourne au siège : coupures d’eau, violences policières, usage de balles en caoutchouc et de tasers.

La situation devient si tendue que certains travailleurs sombrent dans la détresse. De 2009 à 2011, 13 personnes, grévistes ou membres de leur famille, se donnent la mort. Entre 2009 et 2018, on recense 30 suicides supplémentaires liés aux conséquences du conflit, selon Labor Notes.

Une fiction miroir de la société

Dans « Squid Game », Gi-hun est présenté comme un ancien ouvrier licencié d’une usine automobile, Dragon Motor, une référence transparente à Ssangyong (qui signifie « double dragon » en coréen). Un flashback de l’épisode 5 montre des ouvriers affrontant la police pendant une grève, une allusion directe aux événements de Pyeongtaek.

Lee Chang-kun, ex-employé de Ssangyong et figure syndicale, a partagé son point de vue dans une tribune pour le média Jacobin : « L’ordre des jeux dans la série reflète les étapes de notre calvaire ». Pour lui, le succès mondial de la série a pourtant laissé un goût amer. « Nos vies ont été réduites à un produit de consommation », confiait-il au Japan Times.

Une réception mitigée en Corée du Sud

Malgré l’impact de « Squid Game » sur l’opinion publique mondiale, les conditions de travail n’ont guère changé en Corée du Sud, selon Chang-kun. Il déplore que « le succès de la série n’ait pas été le moteur de réformes ou d’une réflexion de fond sur les droits des travailleurs ».

Une inspiration venue aussi de la pop culture

Outre les faits historiques, le créateur de la série s’est aussi inspiré d’animes japonais comme « Battle Royale » et « Liar Game ». Hwang Dong-hyuk a préféré transposer ces influences dans des jeux d’enfants, pour souligner l’absurdité cruelle de la compétition sociale.

« Squid Game » est ainsi bien plus qu’un divertissement macabre : il est le reflet d’une réalité sociale brutale. En s’inspirant d’un fait divers coréen tragique, la série met en lumière la fragilité de l’équilibre social et l’impact d’un système économique impitoyable.

Léa Michel
Léa Michel
Passionnée par les soins, la mode et le cinéma, je consacre mon temps à explorer les dernières tendances et à partager des astuces inspirantes pour se sentir bien dans sa peau. Pour moi, la beauté réside dans l'authenticité et le bien-être, et c'est ce qui me motive à offrir des conseils pratiques pour allier style, soin et épanouissement personnel.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

De la chanteuse Rosalía à Madonna, pourquoi l’esthétique de la nonne fascine les stars de la pop ?

Le temps d’une pochette ou d’un clip, les chanteuses enfilent l’étoffe de la bonne sœur et suivent religieusement...

Talons, robes, selfies : les règles du Festival de Cannes que les invités doivent respecter

Monter les marches du Festival de Cannes ne se résume pas à une apparition chic. Derrière les flashes,...

À 41 ans, la chanteuse Delta Goodrem représentera l’Australie à l’Eurovision 2026

Il y a un an, Delta Goodrem déclarait : "Bien sûr que je ferais l'Eurovision. J'adore ça !"....

Eurovision 2026 : ces chanteuses qui pourraient bien créer la surprise cette année

À quelques jours seulement de la grande finale prévue le 16 mai 2026 à la Wiener Stadthalle de...

Shakira signe l’hymne officiel de la Coupe du monde 2026

Seize ans après "Waka Waka", Shakira est de retour pour la Coupe du monde. La chanteuse colombienne a...

À seulement 11 ans, elle signe des clichés qui font déjà le tour du monde

À 9 ans, elle s'est allongée dans la boue d'un parc national indien pour capturer deux paonnes dans...