Ses cheveux bruns virent progressivement au gris. Cette couleur argentée se déverse entre ses mèches, laissant presque croire à une coloration volontaire. Pourtant, sa chevelure en demi-teinte n’est pas le résultat d’une tendance croisée derrière un hashtag, mais bien le fruit de la nature et de la biologie. À 33 ans, ses cheveux s’éteignent déjà, mais son charme, lui, continue de briller. Loin de céder à la tentation des diktats, Chanelle Soncini (@chanellesoncini) partage son parcours d’acceptation et cette transition capillaire qu’elle a choisi de ne pas camoufler.
Un dégradé de gris à un âge précoce
À première vue, sa chevelure bicolore semble mimer les colorations du moment comme celle de la patineuse Alysa Liu, qui a popularisé le motif rayé ailleurs que dans les penderies. Pourtant, ce n’est pas la création artistique d’un salon branché ni la manifestation d’un effet de mode. C’est la génétique qui est l’auteure de cette coiffure saupoudrée de poivre.
Chanelle Soncini (@chanellesoncini) aurait voulu le faire exprès elle n’aurait pas réussi. Tout est parti d’une simple mèche isolée. Une intrus parmi le reste de la chevelure. Puis, peu à peu le haut de son crâne a changé de couleur, passant du brun acajou au gris acier. C’est comme si un saut de peinture lui était tombé sur la tête. On dit souvent que les cheveux blancs sont l’œuvre du temps, la marque de fabrique des aînés. Or, à 33 ans seulement, âge auquel les cheveux manquent rarement de mélanine, la créatrice de contenu feel good @chanellesoncini doit s’habituer à ce nouveau reflet et se faire à cette mise au gris précoce.
Dans une société qui estime que les cheveux gris trahissent un excès de stress ou un « coup de vieux », elle aurait pu succomber à la pression des injonctions et peindre ses racines argentées. Loin d’être dans le déni et de combattre cette réalité à revers d’ammoniaque, Chanelle Soncini (@chanellesoncini) en a fait une signature, un acte de résistance et de résilience. « La peur n’est pas innée, elle se crée ». C’est en ces mots presque philosophiques qu’elle aborde cette évolution capillaire. Parce que cette démarcation grise n’est pas une tâche sur son visage, mais un diadème esthétique.
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Accepter au lieu de diaboliser
À l’heure de la tyrannie de la jeunesse où l’acide hyaluronique coule à flots et où les soins high tech promettent de ralentir le temps qui passe, le moindre petit signe de l’âge devient une affaire d’État, un combat collectif. Les cheveux gris, eux, ne sont tolérés que s’ils retombent sur des peaux froissées et des lunettes-loupe. En revanche, sur des femmes trentenaires, ils ne sont presque pas permis. Chez l’acteur américain Patrick Demsey ou l’acteur américano-français George Clooney, les cheveux poivre et sel sont des suppléments d’âme tandis que chez les femmes, ce sont des traces de négligence.
Sauf que voilà, las de cette discrimination au « faciès », la jeune génération a revisité cet idéal de beauté à son avantage. Désormais les femmes comme Chanelle donnent un autre exemple : celui de l’acceptation plutôt que de la soumission. Les racines grises, autrefois considérées comme du laxisme esthétique, sont plus que des « fantaisies assumées ». Ce sont des preuves de liberté et d’auto-gratitude. La mannequin de métier, qui a des airs de Margot Robbie, n’a pas toujours affiché ses cheveux au vent comme un drapeau blanc.
Avec une industrie marketing qui déclare la guerre aux mèches blanches et une société qui nous rappelle que le gris est la couleur du déclin, difficile de rester fidèle à soi-même. Avant d’afficher fièrement sa chevelure cendrée, elle l’a renié, avec des foulards en soie vissés sur le crâne. Puis, Chanelle Soncini (@chanellesoncini) a appris à cohabiter avec ces mèches grises, qui gagnent doucement du terrain. « Il ne s’agit pas de suivre quoi que ce soit. Il s’agit enfin de se sentir à l’aise de ne pas se cacher et finalement de réaliser que c’est VOUS qui prenez les décisions dans votre vie, pas dans la société ni dans l’industrie », dit-elle avec une pointe de sagesse sur la toile.
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Relativiser cette réalité, post après post
Il y a encore un an, Chanelle n’avait pas l’ombre d’un cheveu gris à l’horizon. Du jour au lendemain, ces racines grises à peine visibles se sont déployées au sommet de sa tête, devenant de plus en plus imposantes. Pour elles, ce n’est pas une erreur de timing, mais un « cadeau du ciel ». C’est simplement la génétique qui suit son cours et qui a pris, peut-être, un peu d’avance.
Plutôt que de cacher cette transformation ou de la vivre comme une fatalité, Chanelle a choisi d’en faire un récit. Sur ses réseaux sociaux, elle documente cette évolution capillaire avec transparence, humour et beaucoup de recul. Chaque publication devient une manière de dédramatiser, de remettre en perspective ce que l’on considère, à tort, comme un « défaut ».
Là où certains verraient une anomalie, elle voit une singularité. Elle joue avec cette dualité, l’expose à la lumière, la met en scène sans jamais chercher à la lisser. Ses photos, loin des standards figés, racontent une autre vision de la beauté : plus mouvante, plus libre, moins contrainte par des règles invisibles.
Finalement, ses cheveux gris ne sont plus un sujet en soi. Ils deviennent presque secondaires face au message qu’ils portent. Celui d’une femme qui a décidé de ne plus lutter contre son reflet, mais de composer avec lui. Et dans cette acceptation, il y a quelque chose de profondément apaisant, presque révolutionnaire.
