À 71 ans, cette femme est une star mondiale de pole dance

Les femmes de plus de 70 ans n’excellent pas seulement dans le tricot, la belote et la confection de gâteaux bien beurrés. Mary Caryl Giltner Serritella, elle, ne fait pas corps avec le canapé cuirée mais avec une barre en métal. Cette championne du monde du pole dance contredit l’image de la mamie sédentaire aux articulations rouillées. Ça fait du bien aux yeux.

Une septuagénaire qui s’épanouit sur la barre

À l’évocation de la septuagénaire, beaucoup imaginent une grand-mère qui peine à se déplacer. Une sénior au dos voûté, rongée par l’arthrose et malmenée par les années. Mary Caryl Giltner Serritella, elle, n’a pas de canne, ni de déambulateur entre les mains mais une barre de pole dance. Elle fait le grand écart la tête à l’envers, enchaîne les figures acrobatiques suspendues dans le vide et virevolte à la simple force de ses bras.

Son corps, qui porte sur lui les signes de l’âge, ne manque pas d’élasticité. Lorsqu’elle se présente sur le podium des compétitions officielles, personne ne mise sur elle, pourtant, il faut se méfier des apparences. Cette dame chewing gum détient le noble titre de championne du monde de pole dance. Elle l’a obtenu en 2017. Loin de cette caricature de la mamie clouée à son fauteuil, qui tue le temps avec des mots fléchés et qui porte le tablier en étendard, Mary Caryl, elle, aspire à des loisirs plus riches en adrénaline.

Perchée sur des talons à plateforme et plongée dans des ensembles pailletés qui révèlent sa plastique en béton armé, elle fait des démonstrations de souplesse et de grâce. Cette femme, qui tourne le dos aux préjugés, prouve que les septuagénaires ne sont pas toutes inactives et parlent encore le langage de la sensualité.

Défier les stéréotypes de l’âge figure après figure

À chaque performance hors du sol, elle défie les lois de la gravité et les stéréotypes médiocres qui pèsent sur ses courbes, à peine froissées. Si à partir de 70 ans, les septuagénaires sont plus vues comme des mamies gâteaux que des femmes à part entière, Mary Caryl, elle, enjambe volontiers les idées reçues et chérit sa féminité.

Elle fait un pas en dehors de ces étroites cases, échasse aux pieds et dentelle au corps. Alors que la société réclame une certaine pudeur chez les femmes de cet âge, cette sportive à la silhouette sculptée refuse de s’y soumettre et de se croiser les pouces sur une rocking-chair. Elle danse avec peu de tissus sur la peau et prend de la hauteur, au sens littéral du terme. La nord-américaine, qui flirte avec la barre, fait de son corps son plus bel instrument.

La pole dance, une discipline à la portée de tous les corps

La pole dance ne figure pas souvent dans les activités du troisième âge. Les septuagénaires sont plus régulièrement présentés devant une grille de loto, une pelote de laine ou un poste de télévision. Or, si la pole dance souffre encore d’une mauvaise réputation et évoque toujours des femmes en tenue légère couverte de billet vert, cette activité acrobatique a évolué. Ce n’est plus ce sport de sous-sol, pratiqué par des stripteaseuses devant des hommes poivre-sel aux poches bien remplies.

D’ailleurs, ces barres s’implantent désormais dans les salles de fitness. Le mot pole dance côtoie le crossfit, le hiit et le tabata sur les plannings. Ce qui autrefois était considéré comme une animation érotique, une distraction lascive est désormais “tout public”.

La pole dance, Mary le rappelle, ce n’est pas uniquement la prouesse physique. C’est aussi un art qui permet de se réapproprier son corps, de jouer avec la musicalité, et d’exprimer des émotions. Une liberté qui séduit autant les jeunes que les seniors curieux de se lancer.

Mary Caryl, qui a un corps plus opérationnel qu’à la vingtaine, a tout de la muse. En s’adonnant à la pole dance, elle ne cherche pas à affiner ses cuisses ou à tonifier son ventre. Elle veut simplement sentir ses courbes vibrer. Et la seule chose qu’elle provoque en s’enroulant sur la barre, c’est l’admiration. Vous n’avez jamais vu un si beau spectacle sur la confiance en soi.

Émilie Laurent
Émilie Laurent
Dompteuse de mots, je jongle avec les figures de style et j’apprivoise l’art des punchlines féministes au quotidien. Au détour de mes articles, ma plume un brin romanesque vous réserve des surprises de haut vol. Je me complais à démêler des sujets de fond, à la manière d’une Sherlock des temps modernes. Minorité de genre, égalité, diversité corporelle… Journaliste funambule, je saute la tête la première vers des thèmes qui enflamment les débats. Boulimique du travail, mon clavier est souvent mis à rude épreuve.

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