Les « cernes d’Itachi » : ce détail physique que personne n’explique… et que vous avez peut-être

Les cernes habituels noircissent le bas de l’œil et donnent cette impression de peau creusée. Les cernes d’Itachi, qui font référence au personnage éponyme de « Naruto », sont plus prononcés et se prolongent sur les joues, se confondant ainsi avec des ridules. Peut-être que vous aussi vous avez cette particularité et dans la culture manga, c’est tout sauf un défaut alors relativisez.

Des cernes plus intenses et marqués

Inlassablement corrigés et gommés du visage, les cernes sont mal-aimés. Ils souffrent d’une mauvaise réputation et subissent le revers de diktats. Selon de grandes idées reçues, ils indiquent une fatigue chronique, un manque de sommeil et trahissent un « laissé-allé ». Ils accentuent cet effet « mauvaise mine » et entachent silencieusement le teint. Ça, c’est notre société adepte des teints photoshopés et des sérums de Jouvence qui nous en a persuadé. À en croire les injonctions, la peau n’a pas le droit de vivre en paix et de s’exprimer. Elle subit une dictature de la perfection et on en tire que des complexes.

Dans l’animé culte « Naruto »f, les cernes ne sont pas l’héritage d’une nuit chaotique, ni une aberration esthétique. Les dessinateurs les ont ancrés sur le minois d’Itachi pour lui apporter un air mystérieux et souligner son regard. C’est un symbole visuel fort, un indicateur de puissance et surtout une particularité noble. En langage « médical », on les appelle aussi « sillon nasojugal », déformation du sillon lacrymal, creux infra-orbitaire. Dans ce manga qui a transcendé les générations, ces cernes ne ressemblent pas aux autres. Ils traversent les joues d’Itachi et approfondissent les traits lisses de son visage. À première vue, on pourrait croire à du maquillage guerrier.

Dans la réalité, ils ajoutent du relief à la peau et sont plus congestionnés, faisant croire à un regard bouffi. Les cernes d’Itachi peuvent être constitutionnels, héréditaires, ou simplement liés à la morphologie du visage. Autrement dit : vous pouvez dormir huit heures par nuit et afficher malgré tout ce regard intense digne d’un héros d’anime.

 

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Une question de peau et de transparence

Associées à tort à des combats nocturnes avec Morphée, les cernes ne sont pas juste le résultat d’une nuit blanche, ni la trace physique d’une insomnie. Ils sont souvent génétiques et dépendent beaucoup de la structure du visage. Si vos parents ou grands-parents ont ce regard naturellement ombré, il y a de fortes chances que vous l’ayez hérité. La forme de l’orbite, la profondeur du regard ou encore la répartition des tissus graisseux sous l’œil jouent un rôle majeur.

Dans « Naruto », Itachi arbore ces cernes singuliers dès le plus jeune âge, ce qui laisse penser à une œuvre de la nature. Ce n’est donc pas une petite fantaisie de style, mais un choix de design réfléchi pour rendre Itachi plus fascinant et énigmatique. Ces cernes ont un sens caché et renferment son histoire.

Dans « Naruto », un signe de maturité

Si dans notre monde moderne pro-jeunesse, les cernes sont victimes des standards et subissent le regard méprisant de l’industrie cosmétique, dans « Naruto », les cernes d’Itachi ont une fonction narrative. Ils indiquent des responsabilités précoces, une charge mentale incommensurable et une souffrance émotionnelle intarissable. Plus il avance dans l’âge et plus ces marques distinctives se creusent sur son faciès.

Pourtant, même si ces cernes contiennent tout le poids de sa jeune vie et tirent son visage vers le bas, ils rendent Itachi unique. Là où beaucoup de ninjas ont des traits lisses et énergiques, Itachi apparaît immédiatement différent : plus mature, plus grave, presque hors du temps. Dans la culture japonaise (et notamment dans les mangas), les traits fatigués et le regard cerné sont souvent associés à la profondeur émotionnelle, à l’intelligence et à la mélancolie. Loin d’avoir un visage figé et illisible, Itachi, de part sa différence, semble plus humain, plus à notre portée.

Un atout charme sous-estimé

Sur TikTok, lorsqu’on cherche des exemples des cernes d’Itachi à échelle humaine, on trouve soit des vidéos explicatives qui ne parlent qu’aux mangakas chevronnés, soit des contenus promotionnels pour de la chirurgie esthétique. Comme si ces cernes n’avaient pas leur place sous les yeux ou entravaient notre beauté.

Or supprimer ou lifter cette particularité revient à renier une part de son identité et à sacrifier ce qui nous différencie du reste du monde. C’est comme enlever les fleurs des tableaux de Monet ou changer les formes des créations de Picasso. Ces cernes n’affaiblissent pas notre charme, ils le renforcent. C’est une valeur ajoutée, pas un manque à gagner.

Reproduites au crayon violet dans des cosplays, les cernes d’Itachi sont ainsi plus adulés que détestés. Alors, pas question de laisser les autres dicter notre apparence ou de laisser les filtres 2.0 devenir réalité.

Émilie Laurent
Émilie Laurent
Dompteuse de mots, je jongle avec les figures de style et j’apprivoise l’art des punchlines féministes au quotidien. Au détour de mes articles, ma plume un brin romanesque vous réserve des surprises de haut vol. Je me complais à démêler des sujets de fond, à la manière d’une Sherlock des temps modernes. Minorité de genre, égalité, diversité corporelle… Journaliste funambule, je saute la tête la première vers des thèmes qui enflamment les débats. Boulimique du travail, mon clavier est souvent mis à rude épreuve.

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