L’été arrive. La mer scintille. Et quelque part sur cette plage, une femme garde son tee-shirt. Pas parce qu’elle a froid. Parce qu’elle a peur. Peur du regard des autres. Peur de son propre reflet. Peur d’exister dans un corps qu’on lui a appris à trouver insuffisant.
Si vous avez déjà vécu ce petit geste retenu, ce tee-shirt qu’on tire vers le bas au lieu de l’enlever, sachez que vous n’êtes pas seule. Loin de là .
Un problème mondial, pas une faiblesse personnelle
Les chiffres sont frappants, et ils viennent de partout dans le monde. Selon une étude IFOP réalisée pour Flashs, 67 % des femmes déclarent ne pas se sentir à l’aise dans leur tenue de plage. Ce chiffre a même augmenté en dix ans puisqu’en 2013, il était de 61 %.
Aux États-Unis, une enquête de Voda Swim menée en 2025 révèle que plus de 95 % des femmes se sentent peu sûres d’elles à la plage.
Et dans le monde ? Dove a mené en 2024 la plus grande étude jamais réalisée par une marque beauté : 33 000 personnes interrogées dans 20 pays, de l’Argentine à la Chine, du Royaume-Uni à l’Arabie Saoudite. Résultat : 1 femme sur 3 dans le monde serait prête à sacrifier une année entière de sa vie pour obtenir le corps qu’elle considère comme « parfait ». Une sur trois. Ce n’est plus une angoisse individuelle. C’est une épidémie silencieuse.
D’où vient cette voix qui dit « pas toi » ?
La réponse est claire, et elle ne vient pas de vous. Elle vient de décennies de représentations biaisées. Selon l’étude Dove de 2024, les femmes se sentent aujourd’hui moins confiantes en leur corps qu’il y a dix ans, malgré vingt ans de mouvement body positive. Et les réseaux sociaux portent une lourde responsabilité : 1 femme sur 3 ressent la pression de modifier son apparence à cause de ce qu’elle voit en ligne (même quand elle sait que les images sont retouchées ou générées par IA).
La psychologue clinicienne Phillippa Diedrichs, du Centre de recherche sur l’apparence de l’Université du West of England, le confirme : « Malgré vingt ans de travail pour élargir les définitions de la beauté, les femmes se sentent moins confiantes en leur corps qu’il y a une décennie. »
Ce que les psychologues recommandent et ce qui marche vraiment
S’en sortir ne se fait pas en un été. Mais voici ce que disent les spécialistes :
Retravailler son dialogue intérieur. Remplacez « mes cuisses sont horribles » par « mes jambes me portent chaque jour ». La neutralité désamorce la charge émotionnelle.
Faire le ménage numérique. Unfollower les comptes qui vous font vous sentir insuffisante n’est pas de la faiblesse. C’est de l’hygiène mentale. Des études montrent que réduire son temps sur les réseaux améliore l’image corporelle et diminue l’anxiété.
S’exposer progressivement. Une baignade entre amies, une plage moins fréquentée, puis peu à peu. Chaque exposition réussie prouve à votre cerveau que le danger imaginé n’existe pas.
La vraie question
Ce tee-shirt que vous gardez, il ne protège pas votre corps. Il protège une blessure : celle d’avoir appris, depuis l’enfance, que votre corps devait mériter le soleil.
Il n’a pas à le mériter. Il y a droit. Vous avez droit.
Cet été, peut-être pas le premier jour. Peut-être pas sans l’appréhension. Mais un jour, ce tee-shirt restera dans le sac. Pas parce que votre corps sera « parfait ». Mais parce que vous aurez décidé qu’il n’a pas à l’être.
