Après une tisane à la camomille et une écoute prolongée de bruits blancs, vous êtes sur le point de rejoindre Morphée. Vous êtes à quelques moutons du pays des rêves mais tout à coup votre corps sursaute, vous faisant bondir du lit. Vous connaissez certainement cette étrange sensation, qui vous tire de votre sommeil sans crier gare. Ces spasmes inopinées qui gâchent le début de votre nuit ont une explication scientifique.
Un phénomène impressionnant mais une explication rassurante
Glissée dans votre couette douillette, vous venez tout juste de fermer les yeux et de lâcher prise sur le réel. Après une session de cohérence cardiaque et une lecture bien apaisante, vous êtes dans d’excellentes conditions pour passer une nuit paisible. Rien ne semble pouvoir perturber votre sommeil. Pourtant, d’un seul coup, votre corps tressaille comme si un danger planait dans votre chambre.
Cette sensation, vous la connaissez bien. Vous la vivez souvent en pleine conscience lorsqu’une voiture klaxon ou qu’une porte claque violemment à cause d’un courant d’air. Il vous arrive de sursauter sous l’effet de surprise. Sauf que là, confortablement installé sur votre matelas, blottis contre vos oreillers, vous n’avez aucune raison apparente de vous mettre dans cet état de panique.
Rassurez-vous, ce n’est pas un début d’AVC, ni le signe que votre corps déraille. Les médecins appellent cette réaction « secousse hypnique » et elle est bénigne. C’est une forme assez spectaculaire de myoclonie, un mot scientifique qui définit tout simplement une contraction musculaire. « Ces contractions involontaires, très courtes et soudaines, se produisent souvent au premier stade du sommeil, un stade transitoire très léger, entre l’état de veille et le sommeil profond », rassure Ellen Wermter, infirmière praticienne certifiée dans les colonnes du HuffPost.
Sursauter pendant le sommeil, pourquoi ça arrive ?
Ces secousses hypniques ne vous font pas seulement surgir du lit en trombes. Elles vous donnent parfois l’impression de tomber et vous forcent à vous agripper aux draps, comme si une force supérieure portait votre lit à la verticale. C’est assez impressionnant et pas forcément très agréable mais c’est totalement inoffensif.
Ces « spasmes » surviennent au pire moment de la nuit, pendant la phase d’endormissement. Soit quand vous vous relâchez, au point de laisser quelques filets de bave sur l’oreiller. Le cerveau, qui est un peu le patron de votre corps, ralentit l’activité des muscles. Parfois il y a un petit bug dans la transition, ce qui provoque une contraction soudaine.
Si les secousses hypniques se produisent souvent « aléatoirement », certaines habitudes, pathologies ou médicaments, peuvent les favoriser. La fatigue, le stress, le manque de sommeil, le sport intensif et l’excès de caféine sont plus susceptibles de les provoquer.
Quand faut-il consulter ? Ces signes à ne pas prendre à la légère
Les secousses hypniques ne présentent pas un motif de consultation régulier. Cependant, elles servent parfois de signal d’alarme. Alors pas question de minimiser vos ressentis. Si ces sursauts nocturnes sont fréquents et deviennent une hantise avant d’éteindre les lumières, alors il vaut mieux avoir l’avis d’un médecin. L’idée n’est pas de dramatiser ce phénomène, simplement de savoir s’écouter.
Comme le précise la professionnelle de santé, c’est parfois un symptôme discret d’une apnée du sommeil. Mais bien souvent c’est le reflet d’un état intérieur tourmenté. Pour espérer faire vos nuits tranquillement, sans être interrompu par les frasques de votre corps, vous pouvez mettre en place une routine apaisante. Au lieu de scroller, tournez les pages d’un roman de fiction sur fond de bruits de pluie. Surtout, gardez des horaires de sommeil réguliers.
Au final, ce petit sursaut au moment de s’endormir n’a rien d’anormal. Au contraire, il rappelle simplement que notre corps et notre cerveau continuent de travailler en coulisses pendant que nous glissons doucement vers le sommeil.
