Drogue dans le verre, piqûres en club… : quels symptômes doivent vous alerter ?

L’inquiétude grandit. Versée dans les verres, à l’insu des personnes, ou directement injectée sous la peau avec une seringue, de nombreuses personnes ont été victimes des effets du GHB, la drogue du violeur. Des milliers de plaintes ont été déposées en 2022. 

Dans l’affaire du meurtre de Justine Vayrac qui secoue l’actualité ces dernières semaines, on retrouve également la notion de « goût bizarre dans un verre de champagne ». Mais comment savoir que l’on en est victime ? Quels sont les symptômes ? Voici ce qu’il faut savoir sur cette drogue de synthèse.

C’est quoi le GHB, ou acide gamma-hydroxybutyrate ?

Communément appelée « la drogue du violeur », cette substance incolore, inodore et sans goût, est généralement sous forme de liquide ou de poudre blanche. Elle peut être versée, à votre insu, soit dans une boisson, sans en changer l’aspect ni le goût. Soit, être injectée sous votre peau avec une seringue.

Son usage, en particulier avec de l’alcool ou d’autres drogues, est très dangereux. Le GHB a des effets euphorisants et sédatifs, et agit en très peu de temps. Initialement prescrit pour soigner les troubles du sommeil, il est désormais classé comme stupéfiant et est utilisé pour droguer, agresser et violer des victimes.

Quels sont les effets du GHB ?

Dès début mars 2022, de nombreuses personnes – principalement des femmes – ont déclaré s’être fait droguer, lors de soirée. Depuis, des milliers de témoignages se font entendre sur la toile et dans les commissariats. Mais comment s’en rendre compte ? Sachez que les effets du GHB varient en fonction des personnes et de la quantité injectée.

En revanche, ce qu’il faut savoir c’est que les symptômes durent environ 1 heure et apparaissent à peine 15 à 30 minutes après l’absorption. Le premier effet ? Une sensation de chaleur et d’ivresse comparable à celle de l’alcool. On ressent une sorte de quiétude, une légère euphorie et une désinhibition, avant d’être engourdi.e puis c’est le black-out (trou noir).

« Un comportement inhabituel, une sensation d’ébriété trop rapide au regard des consommations doivent alerter », prévient également le Dr Chaouachi  au Journal des femmes

Néanmoins, à forte dose, le GHB peut avoir les mêmes effets qu’un somnifère très puissant avec un risque de coma. Il peut également générer des effets secondaires physiques comme des maux de tête, des vertiges, des sensations d’étourdissement, de l’hypersalivation, des nausées, des vomissements ou encore des somnolences. Cette drogue du violeur enclenche aussi, une confusion et une amnésie, notamment mélangée avec de l’alcool.

Que dois-je faire si je crois avoir été piqué.e ?

Si vous ressentez l’ensemble de ces symptômes, c’est que vous êtes probablement sous les effets néfastes du GHB. Dans ce cas-là, il est primordial d’en parler autour de soi et de se rendre immédiatement aux urgences pour un bilan toxicologique. Si vous êtes face à une victime :

« Assurez-vous de son état de conscience, demandez-lui si elle a des problèmes de santé, si elle prend des médicaments et essayez de la maintenir réveillée », liste le « Doc Amine », médecin généraliste, au média Marie-Claire

Il faut ensuite, rapidement, se rendre dans un commissariat pour porter plainte. En effet, les traces du GHB sont particulièrement difficiles à détecter et disparaissent en moins de 12 heures de notre organisme. Il est donc important de garder des preuves de l’agression (traces de piqûres, détection d’une substance, ndlr).

Le ministère de l’Intérieur et la Police nationale recommandent également, dans l’idéal, d’identifier les auteurs et de prévenir aussitôt l’établissement en question, afin d’être mis.e en sécurité.

Ils rappellent également, que pour toute question, les victimes peuvent contacter le service d’urgence « Drogue Info Service » au 0 800 23 13 13, disponible 7 jours sur 7, de 8 heures à 2 heures du matin.

Que faire pour se prémunir des risques ?

Rappelons que vous n’êtes jamais responsable des violences que vous avez subies. Le lieu où vous étiez, l’heure qu’il était, la tenue ou l’attitude que vous aviez ne vous sont en rien préjudiciables. Une agression ne survient jamais à cause de ce qu’une personne porte ou fait, mais bien parce qu’une personne en attaque une autre. En cela, il n’est pas normal que ça soit aux potentielles victimes de se prémunir des risques.

Malheureusement, le fléau de la drogue dans le verre et des piqûres est tel qu’il est nécessaire de rester vigilant.e durant les soirées. Pour cela, la Dr Leila Chaouachi, pharmacienne au centre d’adicto-vigilance de Paris recommande notamment de :

« surveiller son verre, éviter de boire dans celui d’une autre personne ou une boisson qui n’a pas été servie devant vous, désigner un capitaine d’équipe qui permet de veiller sur le groupe »

Si pour les piqûres il n’existe pour l’instant aucune invention pour s’en protéger, un système de protection de verre sous forme de capuchon anti-drogue est parfois proposé par des associations étudiantes. Il se pose au-dessus du verre pour boucher l’entrée.

Autre option, développée par l’entreprise américaine Undervover Colors : le vernis contre le viol. Ce dispositif, facile d’utilisation, consiste à appliquer sur ses ongles le vernis et de le tremper dans son verre. Lorsque la boisson contient des substances inhabituelles, le vernis vire au noir et avertit ainsi la victime. Sur le même principe, « SipChip » est un petit disque qui réagit aux drogues et indique si votre verre est sain ou non.

Shem's Tlemcani
Shem's Tlemcani
Je suis passionnée par les sujets sociétaux et la santé. Mon intérêt pour les questions sociales me pousse à explorer des enjeux tels que la lutte contre la pauvreté, l'éducation et le changement climatique. En matière de santé, je m'investis dans les domaines du bien-être, de la nutrition et de la prévention des maladies. Je m'efforce de rester informée et d'utiliser ma voix pour sensibiliser et encourager le débat et l'action sur ces sujets cruciaux.
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