À en croire certaines idées reçues, les femmes pourvues de hanches saillantes et de rondeurs devraient se limiter à des maillots de bain couvrant et camoufler cette chair que les yeux ne sauraient voir. Alors que le « summer body » continue de faire rage et de s’écrire entre les pages des magazines ou derrière des hashtags, la mannequin grande taille Erin Marley Klay rappelle qu’un corps n’a pas besoin de validation pour s’exposer sur le sable chaud. La modèle, qui culmine dans les pages du média Sports Illustrated, venge toutes ces femmes qui se sont déjà senties obligées de modifier leurs silhouettes pour enfiler un bikini.
Une mannequin grande taille au parcours inspirant
L’ère du mouvement body positive semble loin derrière. Il y a quelques années, les corps se délestaient des normes et du regard des autres sous l’impulsion de hashtags bienveillants. Une courte période de répit avant de censurer à nouveau les silhouettes et d’incriminer les reliefs naturels du corps. Cette mentalité positive n’a pas perduré dans le temps.
Les injonctions sont revenues au centre des discussions, plus radicales et plus fermes que jamais. Dans une société qui réduit les corps à des modes passagères, la maigreur s’affirme comme le patron originel, la version la plus acceptable du physique féminin. Comme chaque été, pour prétendre au bikini ficelles ou au micro maillot de bain, il faut que rien ne dépasse. Le corps ne doit pas faire de vague sous ces étoffes de plage, au risque d’être sanctionné par des yeux accusateurs ou des visages moqueurs. Les médias et les réseaux sociaux, théâtres des diktats, revendiquent une apparence svelte sous le soleil et considèrent les bourrelets comme de l’excédent à éliminer.
Cette grossophobie ambiante et cette intolérance envers les morphologies dites enrobées qui explosent le sablier, Erin Marley Klay l’a vécu de front au début de sa carrière. Elle n’a pas emprunté une voie très favorable à la diversité. Investie dans les rangs très sélectifs du mannequinat, milieu où la différence reste un mot étranger, elle a été repérée par l’agence Zion Models. Devenue une référence grande taille sans vraiment trop provoquer le destin, son anatomie plus proportionnelle à la réalité, s’est retrouvée en tête d’affiche de la marque SKIMS, la griffe de Kim Kardashian. La jeune femme aux 759 000 abonnés a également prêté son corps à Wet n’ Wild, Selkie, House of CB, Casablanca Bridal ou encore YMI Jeans.
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La meilleure réponse face à ses détracteurs ? Réussir
Malgré une prestance indéniable, une démarche à en faire tomber des mâchoires et une morphologie qui sonne comme de la guimauve pour les yeux, Erin n’a pas échappé aux critiques. Alors que son corps n’est que tendresse, il est devenu le terrain fertile d’une haine tristement coutumière.
En 2025, un cliché à la plage retient l’attention des internautes, qui pensent détenir la vérité absolue sur ce qui est « beau » ou « laid ». Cette ambassadrice de la confiance en soi y arborait un maillot de bain au motif floral rétro avec peu de surface de tissu. Un modèle acclamé sur des abdos saillants et des jambes filiformes, mais hué sur des poignées d’amour et un ventre moelleux.
Erin Marley Klay, fidèle à ses valeurs inclusives et sa philosophie joyeuse, n’a pas laissé ces vilaines paroles déteindre sur son estime. « S’il vous plaît, ne laissez pas les idées préconçues de la société sur ce qui est beau ou non vous empêcher de vivre votre vie. Ce que quelqu’un dit de votre apparence ne concerne que lui, pas vous », a-t-elle simplement lâché sur X.
Mieux qu’une riposte verbale, elle a rejoint ce que beaucoup considèrent comme l’élite du mannequinat, le carré or du milieu. Recrutée par le prestigieux magazine Sports Illustrated, réputée pour ses shootings en maillot de bain, Erin Marley Klay a définitivement clos le débat autour de son corps.
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Son crédo ? Tous les corps méritent d’être célébrés
Au plus fort de l’été, les complexes suivent la courbe des températures et grimpent en flèche. Pendant cette période estivale, de nombreuses femmes s’interdisent le plaisir de tutoyer les vagues et campent derrière leur paréo ou leur serviette épaisse, culpabilisant de ne pas avoir perdu assez de poids pour se montrer. D’autres ont l’impression de ne pas être née dans le bon corps et de subir les contrecoups de la génétique. Erin, elle, cultive un autre état d’esprit. Au lieu d’embrasser les normes, elle embrasse son reflet.
« Il est facile de se lasser quand on est en ligne depuis si longtemps, mais les réactions m’ont rappelé pourquoi je fais ça. Voir d’autres personnes avec un physique comme le mien ou des personnes complexées se sentir ne serait-ce qu’un peu mieux grâce à ma présence sur internet, c’est ce qui me motive », confiait-elle auprès du média People.
Si, aux prémices de sa gloire, Erin Marley Klay pensait devoir s’alléger de quelques kilos pour décrocher des contrats ou honorer un casting, aujourd’hui, elle présente son corps tel qu’il est, dans sa forme brute. À chaque apparition en maillot de bain, elle rassure une femme à travers le globe et réinitialise cette image mentale que l’on garde d’un idéal. Ce n’est pas une déclaration de guerre envers la maigreur mais un traité de paix avec les rondeurs. Parce qu’elles peuvent aussi devenir des portes-bonheur.
