Le Pilates anime le quotidien de nombreuses femmes. Ce sport qui travaille les muscles profonds, la mobilité et le cardio, est une bonne formule bien-être. Cependant, dans ces salles où la sueur se mêle à des parfums haut de gamme, les adhérentes ont un gabarit similaire, qui ne déborde pas du tapis. Les femmes rondes ou grosses se font rares dans les cours collectifs. Pour qu’elles puissent s’initier à la pratique sans avoir l’impression d’être des imposteures, des centres inclusives ouvrent leur porte.
Le Pilates, un sport encore associé aux silhouettes fines
Le Pilates est un sport en vogue qui attire foule sur les tapis en mousse et les machines coulissantes. Tout un imaginaire accompagne cette pratique qui est presque devenue une esthétique à part entière. Derrière les hashtags éponymes se cachent des femmes minces, aux abdos discrets et aux ensembles stretch épurés. Sur les réseaux sociaux, le Pilates semble se résumer à une seule morphologie.
La « Pilate girl », cette fille qui exécute chaque mouvement comme si c’était facile et qui se promène avec son gobelet de matcha en bandoulière, n’a pas tardé à se muer en modèle de beauté. Épinglée en idéal ou en « objectif à atteindre », elle a imposé malgré elle une morphologie type dans ces salles au design bien léché. Il suffit d’inscrire ce « mot clé » dans la barre de recherche de Pinterest pour prendre conscience de cette réalité anatomique. Des corps éthérés, presque irréels, qui tutoient des balles, des haltères légères, des tapis griffés et des vêtements dignes de la penderie de Barbie. Une véritable vitrine de diktats. Inévitablement, toutes les femmes ne se reconnaissent pas dans la « Pilate girl » et certaines attendent d’avoir un corps similaire pour pouvoir tenter l’expérience des exercices gainés.
Si les réservations pour cette pratique ont connu un sursaut de 66 % à travers le globe, nombreuses sont celles qui n’osent pas franchir le cap de l’inscription par peur de se sentir comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Pour que ces femmes cessent d’être marginalisées, certains studios font de la diversité un fondement, pas une option. Chez Forza Pilate, ces femmes rondes ou grosses qui craignent d’être « les plus corpulentes du cours », ont enfin accès à un espace sûr, accueillant et sans jugement.
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Un studio unique où chaque morphologie trouve sa place
Pour la petite anecdote, avant de devenir un sport élitiste destiné aux conductrices de SUV et aux amatrices de boissons de Jouvence, le Pilate a été inventé par Joseph Pilates pour rééduquer le corps meurtri des soldats pendant la Première Guerre mondiale. Contrairement aux sports d’impact ou aux pratiques brutales comme le culturisme, le Pilates est bien plus délicat. C’est une discipline de pleine conscience qui n’a pas vocation à créer des muscles saillants que l’on exhibe fièrement sur le sable chaud, mais à renforcer les fondations du corps, sur fond de gainage, de respiration profonde et de contrôle.
Entre les murs de Forza Pilates, ce sport retrouve tout son sens. Ce n’est pas un concours de mensurations ni un jeu de performance, mais un moment de reconnexion à soi, à ses mouvements, à sa paix intérieure. Sydney Dumler, mère fondatrice de cet espace aux allures de temples de bien-être, voulait que les femmes rondes ou grosses puissent faire du Pilates sans se comparer à leur voisine de tapis ni être intimidées.
C’est sa meilleure amie, pleinement concernée par cette discrimination silencieuse, qui lui a soufflé l’idée. Sydney a alors concrétisé son vœu en instaurant des cours « plus size » dans son établissement. Les femmes rondes ou grosses, régulièrement effacées de ce décor d’architecte soigné, ont tout de suite été réceptives à cette approche plus humaine et moins standardisée. Elles se focalisent sur le ressenti et non plus sur les « on dit ».
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Des cours de Pilates grande taille pour rassurer les initiées
Dans cette salle avec une belle hauteur sous plafond et dotée de miroir au design Renaissance, ces femmes rondes ou grosses qui ont souvent l’impression de faire tâche au milieu des corps affûtés et des habituées de longue date à la souplesse remarquable, côtoient des silhouettes qui leur ressemblent. Si dans les cours classiques, elles se raidissent sous le poids des regards, lors de ces classes particulières, elles vivent pleinement cet art. Leur corps n’est plus un amas de défauts mais un instrument, un allié dans chaque exécution.
D’ailleurs, Sydney ne s’est pas contentée de réserver des créneaux aux femmes rondes ou grosses, en quête de considération. Elle a également ajusté ses cours pour que ce soit une séance de réconciliation et non pas d’auto-sabotage. Reformers réglables en hauteur qui ne laissent aucune chance au sentiment de nullité et qui ont une limite de poids plus élevée pour éviter la honte de soi. La professeure qui dispense ces cours aux effets presque thérapeutiques veille à motiver les troupes avec des affirmations positives, qui se transforment rapidement en crédo dans la ferveur collective.
Car non, le Pilates n’a jamais été réservé aux silhouettes longilignes ni aux adeptes du legging pastel taille XXS. Ce que démontre ce studio, c’est qu’un corps gros peut parfaitement trouver sa fluidité, sa force et sa grâce sur un reformer. Qu’il peut tenir une posture, travailler ses muscles profonds, gagner en mobilité et ressentir cette fameuse sensation d’alignement que recherchent toutes les pratiquantes, quelle que soit leur taille.
