#BalanceTonTop : les propos d’Emmanuel Macron sur le « crop top » indignent

Emmanuel Macron face à un « bad buzz » ? Hier, 1 juillet, le Président de la République a accordé une interview au magazine ELLE. Dans cet entretien exclusif, il évoque la recrudescence des féminicides, l’inégalité salariale persistante, le congé paternité ou encore… les « crop top ». Et c’est là que ça pêche sérieusement. Si le chef de l’État déclare « accepter les crop top à la maison », son avis s’avère bien différent en ce qui concerne son port à l’école. Une prise de position qui suscite depuis de vives réactions sur Twitter. Le hashtag #BalanceTonTop arrivant en « Top Tweet » du jour, autrement dit dans le classement des sujets les plus commentés.

Quand le « crop top » s’invite à la table des discussions…

Alors que s’est ouvert à Paris depuis le 30 juin le Forum Génération Égalité, sommet mondial pour discuter d’avancées concrètes en faveur des droits des femmes, Emmanuel Macron a accordé une interview au magazine féminin ELLE. Celui qui a déclaré faire de l’égalité femmes-hommes la grande cause de son quinquennat a été dans un premier temps questionné sur les chiffres alarmants des féminicides. Vient alors une question sur « ses sept petits-enfants » et sur le fait « qu’ils portent peut-être des crop top dans la rue, ou à l’école ».

Emblème des années 90, ce vêtement très en vogue chez les jeunes en 2021, suscite en effet depuis plusieurs mois des discours divergents. S’arrêtant au-dessus du nombril, dévoilant donc le ventre de la personne, le crop top va jusqu’à provoquer l’exclusion de jeunes filles dans certains établissements. Le motif ? « Les élèves doivent porter une tenue propre et décente ».

Une remarque qui ne passe pas

Interrogé sur ce sujet « tristement » d’actualité, le chef de l’État tranche, visiblement très formel :

« Je suis pour la liberté. J’ai été élevé de cette manière, et nos petits-enfants le sont aussi. Mais la liberté ne vaut que lorsqu’il y a des règles de vie commune. À la maison ou chez des amis, c’est une chose. À l’école, je suis plutôt “tenue décente exigée”, aussi bien pour les filles que pour les garçons. Je ne suis pas un défenseur de l’uniforme, mais tout ce qui vous renvoie à une identité, une volonté de choquer ou d’exister n’a pas sa place à l’école. On peut tenir compte de la part de fantaisie d’un ado et tenir bon sur certains principes ! », tranche le chef de l’État, visiblement très formel.

Une déclaration qui rejoint ainsi celle de son ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, également fervent partisan de la « tenue décente exigée ». En pleine rentrée 2020, il évoquait en effet « l’importance » d’une telle tenue à l’école. « Il est important d’arriver à l’école dans une tenue correcte. L’école n’est pas un lieu comme les autres. Vous n’allez pas à l’école comme vous allez à la plage ou en boîte de nuit. Chacun peut comprendre qu’on vient à l’école habillé d’une façon républicaine », déclarait-il.

Il n’en fallait pas plus pour que Twitter s’enflamme, de nouveau, via le hashtag #BalanceTonTop. « Tenue décente exigée reste un synonyme de contrôle du corps des femmes », peut-on lire. « L’indécence est dans le regard posé, pas dans le vêtement. Mon corps, mon choix. N’interdisez pas la liberté à vos filles, éduquez vos fils », s’indigne une autre internaute, s’affichant elle-même en crop top.

Tou.te.s s’indignent et s’insurgent ainsi contre le sens véritable de la « décence », entre jeunes filles et femmes « trop couvertes » ou « pas assez ». Après avoir réalisé un concours d’anecdotes avec les youtubeurs Mcfly et Carlito, qui avait été abondamment commenté, le Président de la République s’attire une nouvelle fois les foudres des internautes…

Et pour cause, notons qu’il est une nouvelle fois question de remettre en cause la façon de se vêtir des femmes jugées « responsables du regard masculin », renforçant ainsi les stéréotypes sexistes, la sexualisation du corps des femmes, et au passage la culture du viol.

Elodie Pimbert
Elodie Pimbert
Journaliste polyvalente, je suis Content Manager et rédactrice web pour le média The Body Optimist. Passionnée par une large variété de sujets, j’ai à cœur de déconstruire les préjugés, stéréotypes et normes qui traversent notre société. Je scrute le web à l’affût des dernières tendances et évolutions, rien d’étonnant donc, à ce que j’écrive et contribue au développement de The Body Optimist depuis plusieurs années

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