Voici pourquoi les femmes finissent leurs vacances d’été moins reposées que les hommes

Les vacances d’été arrivent bientôt à leur terme. Mais pour la plupart des femmes, elles n’ont pas eu l’effet requinquant escompté. C’est en tout cas ce que pointe une nouvelle étude menée par l’IFOP et le site Bons plans voyage New York. Encore hissées en « tête pensante » du foyer, elles ont dû manager le planning des vacances et doivent désormais s’atteler aux préparatifs stressants de la rentrée. Autrement dit, elles n’ont pas eu une minute pour se détendre. Et cette maudite charge mentale n’a fait que s’alourdir au fil de l’été. Résultat : elles reprennent le chemin du travail avec des cernes jusqu’au pied et un esprit encore plus encombré. Voici, en détail, pourquoi les femmes ont des vacances moins profitables que leurs homologues. 

La gestion éprouvante du foyer, même en vacances

Les vacances sonnent généralement comme une coupure réparatrice. Elles sont censées nous libérer momentanément d’un quotidien fait de contraintes et d’obligations. Sauf que pour les femmes, principales meneuses des vacances, cette seule période de répit n’a rien de régénérant. Au contraire, c’est plutôt un challenge permanent. Elles doivent à la fois jouer les tours opérateurs, les fées du logis, les trésorières de la famille et les gardiennes de la paix.

Et lorsqu’elles optent pour un gîte en vue d’avoir plus d’intimité et d’indépendance, elles ne tardent pas à le regretter. C’est ce que met en avant la fraîche enquête réalisée par l’IFOP et le blog Bons plans voyage New York. Les femmes se déclarent beaucoup plus fatiguées (70 %) que les hommes (57 %). C’est d’autant plus le cas lorsque leur mode d’hébergement ne leur offre pas le luxe du « all inclusive » et donc du total lâcher-prise. Les tâches quotidiennes qu’elles tentent pourtant de fuir se prolongent ainsi même en vacances.

Entre la gestion des repas, l’organisation des courses, le rangement, la vaisselle quotidienne et toutes les autres corvées parallèles, les femmes reviennent de vacances plus stressées (53 %) que leurs homologues masculins (39 %). Cette étude révèle en filigrane, une répartition très inégale des tâches. Les femmes se sentent encore « obligées » de se dévouer en vacances, tandis que les hommes se complaisent dans leur rôle de pachas. Au 21e siècle, la détente reste toujours un vaste mythe pour ces mesdames en villégiature.

La mauvaise répartition des tâches domestiques et parentales

Si les nouvelles générations d’hommes semblent plus impliquées dans le partage des tâches, c’est encore loin d’être une généralité. Visiblement, en vacances, ces messieurs préfèrent griller au soleil plutôt que donner un coup de main à leurs femmes. Dans l’imaginaire collectif, cette image de la femme serviable qui se donne en sacrifice est tenace. Selon l’étude, les femmes tiennent les rênes du foyer, ce même lorsqu’il s’agit d’un logement de substitution. Au total, 69 % des femmes en couple (hétérosexuel) se sont occupées du linge (contre à peine 11 % des hommes selon leurs dires), 47 % du ménage (contre 10 % des hommes) et 47 % de faire le lit conjugal.

Même si ces tâches s’articulent dans un mode de vie plus apaisé, sans le surmenage du travail, elles sont incompatibles avec la déconnexion et le farniente. C’est encore plus notable chez les couples avec enfants. En plus d’endosser le poids des tâches domestiques, les femmes doivent superviser les faits et gestes de toute la fratrie. Elles se heurtent tristement à la croyance rétrograde de la femme « multifonctions ». Elles sont alors censées checker le cahier de vacances, surveiller si monsieur doudou n’a pas disparu, prévoir de quoi distraire les bambins à la plage et gérer le planning des activités de A à Z. Le tout avec seulement deux bras et un cerveau.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : ce sont les femmes qui se sont massivement chargées de faire leurs valises (71 %, contre 12 % des pères), de l’entretien quotidien de leur linge (72 %, contre 13 %) ou de préparer leurs repas en cas d’activités extérieures (53 %, contre 17 %). De même, elles se sont beaucoup plus occupées (46 %) que leur conjoint (13 %) du suivi éducatif. Seules les activités ludiques comme jouer au frisbee ou faire de l’accrobranche ont été bien réparties entre le père et la mère. Forcément, c’est plus sympa de faire des acrobaties dans l’eau plutôt que de récurer les sols…

Au retour des vacances, le stress accru de la rentrée

Après ce séjour harassant, les femmes ont à peine le temps de défaire leurs valises qu’elles doivent déjà embrayer sur la rentrée. Entre laver le linge rempli de sables, courir d’un magasin à l’autre pour trouver les fournitures scolaires, redonner un rythme « potable » à leur enfant et prévoir une solution de garde… là encore, les femmes sont sur le pied de guerre. Elles reviennent de leurs vacances avec des impératifs plein la tête.

C’est particulièrement le cas de la gestion de la valise du retour, réalisée par 65 % des femmes, ou du nettoyage du linge mené par 74 % des femmes (contre 10 % des hommes). Mais c’est aussi très marqué en ce qui concerne l’achat des fournitures scolaires (géré à 64 % par les femmes) ou l’inscription des enfants aux activités extra-scolaires (géré à 55 % par les femmes). S’ajoute à cela le stress financier, accentué par l’inflation. Plus d’un.e Français.e sur quatre (28 %) a fini ses congés avec moins de 100 € sur son compte bancaire. Difficile donc d’envisager la rentrée avec positivité…

Sans surprises, les femmes finissent leurs vacances les batteries vides et l’esprit en vrac. La charge mentale ne prend pas de congés et cette étude le rappelle une nouvelle fois. Mais elle se fait plus pesante à certains moments de l’année, à Noël ou lors de cette parenthèse estivale

Émilie Laurent
Émilie Laurent
Dompteuse de mots, je jongle avec les figures de style et j’apprivoise l’art des punchlines féministes au quotidien. Au détour de mes articles, ma plume un brin romanesque vous réserve des surprises de haut vol. Je me complais à démêler des sujets de fond, à la manière d’une Sherlock des temps modernes. Minorité de genre, égalité, diversité corporelle… Journaliste funambule, je saute la tête la première vers des thèmes qui enflamment les débats. Boulimique du travail, mon clavier est souvent mis à rude épreuve.

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