Gratuité des protections périodiques : 92 % des Françaises y sont favorables

Ce 28 mai, c’est la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle. L’occasion de mettre sur la table un sujet malheureusement toujours tabou en France : la précarité menstruelle. En 2022, le coût des protections périodiques, telles que les serviettes jetables, les tampons et bien d’autres, reste trop élevé pour que toutes les personnes menstruées puissent y avoir accès. Pour vous, on dresse le bilan.

La précarité menstruelle : un fléau sociétal et médical

2 millions. C’est le nombre de personnes victimes de précarité menstruelle en France d’après les chiffres du gouvernement publiés en mai 2021. Un bilan tragique que vient corroborer une étude menée par l’Ifop en mars 2021 pour Eve & Co, une marque française de culottes menstruelles. Après avoir interrogé 1 009 femmes âgées de 15 à 49 ans, ce sondage a permis d’établir que 30 % des interrogées s’étaient déjà retrouvées sans solution pendant leur cycle pour des raisons financières.

Les enjeux face à cette crise sont multiples. C’est d’abord, et avant tout, un véritable frein à l’insertion professionnelle et scolaire pour les personnes menstruées. Sans protection adaptée, il est en effet impossible de se mouvoir sans tacher de sang ses vêtements et son environnement. Difficile donc de se rendre au travail et à l’école. D’autant plus que des études ont montré que les personnes menstruées subissaient parfois de véritables humiliations en raison de leurs règles. Or, ces personnes déjà précaires ont besoin de pouvoir s’intégrer socialement pour espérer un jour une situation plus favorable et épanouissante.

Par ailleurs, l’étude de l’Ifop indique que 24 % des femmes auraient déjà changé leurs protections menstruelles moins souvent que requis pour les économiser. La précarité menstruelle pose donc aussi des questions de santé publique. Il n’est pas bon du tout de garder un tampon ou une serviette toute une journée. Chaque année, on estime qu’une vingtaine de femmes déclarent ce que l’on appelle un choc toxique, les conséquences pouvant aller jusqu’au décès.

Mais au-delà de cette menace réelle, mais rare, ne pas changer sa protection assez souvent est tout simplement favorable au développement des bactéries et donc des mycoses. Et si elles ne sont pas mortelles, elles peuvent être très gênantes et douloureuses…

Vers la gratuité des protections périodiques…

Pour endiguer la problématique, une des solutions pourrait être la distribution gratuite de protections menstruelles. L’étude menée par l’Ifop en mars 2021 indique que 92 % des Françaises sont favorables à la mise en place de distributeurs gratuits de protections hygiéniques dans les établissements publics (mairies, lycées, universités…) pour toutes les personnes menstruées qui en ont besoin.

Conscient de cette demande, le gouvernement français avait annoncé à l’automne 2020 débloquer 5 millions d’euros de budget répartis selon quatre grands axes :

  • la facilitation de l’accès aux protections périodiques pour les personnes menstruées précaires, à titre gratuit ou à prix symbolique
  • la mise en place de programmes de sensibilisation destiné à lever le tabou qui entoure les règles
  • la sensibilisation à l’hygiène intime dès les premières règles
  • la réduction des inégalités de genres en matière d’insertion sociale et professionnelle.

Depuis, les distributeurs de protections gratuites fleurissent un peu partout, notamment dans les établissements scolaires et universitaires. Des initiatives locales ont aussi été lancées par certaines associations. Par exemple, très récemment la ville bretonne de Pont l’Abbé a équipé sa Maison pour Tous d’un distributeur grâce à la Mission Locale.

Néanmoins, cette solution pose un autre problème : le sondage Ifop indique que 27 % n’y auraient pas accès malgré tout. En effet, les personnes en situation de précarité sont la plupart du temps isolées socialement sans possibilité de se rendre à ces établissements publics. Une autre piste serait donc le remboursement des protections périodiques par la Sécurité Sociale. Une mesure à laquelle, toujours selon l’Ifop, 81 % des femmes seraient favorables.

Que pensez-vous personnellement de ces mesures ? Vous est-il déjà arrivé ou vous arrive-t-il de ne pas pouvoir vous fournir en protections périodiques suffisantes à l’approche de vos règles ? Dites-le-nous sur nos forums.

Léonie Bourbon
Léonie Bourbon
À travers mes articles, je vise à divertir, éduquer et inciter à la réflexion, en partageant des histoires qui touchent le cœur et l'esprit.

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