45 % des Françaises déclarent avoir déjà été victime de violences sexistes ou sexuelles

Un sondage publié hier et commandé par le Ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes a mesuré l’ampleur des violences faites aux femmes en France. Le chiffre est dramatique : nous sommes 45 % à déclarer avoir déjà été victimes de violences sexistes ou sexuelles. Et le moins que l’on puisse dire est que les deux confinements n’ont pas stoppé ces pratiques, bien au contraire… On fait un point complet sur la situation.

Violences sexistes ou sexuelles : les chiffres 2020

Le harcèlement sur l’espace public (rue, transports…) arrive en tête chez les sondées : 27 % très exactement et pas moins de 42 % chez les femmes de moins de 35 ans. Pire encore : ce type de harcèlement est même plus fréquent qu’avant pour 4 Françaises sur 10.

Selon les services de police, plus de 1 000 infractions pour outrages sexistes ont été constatées entre 2019 et 2020. Pourtant, une mesure a été adoptée pour prévenir et verbaliser le harcèlement de rue. Mais malgré cette nouvelle loi, 42 % des sondées disent avoir peur lorsqu’elles sortent dans la rue. Ce chiffre monte à 40 % dans les transports en commun.

En ce qui concerne les violences conjugales, physiques et psychologiques, ce sont 19 % des Françaises qui s’en disent victime. 77 % des sondées et 60 % des hommes estiment même que les confinements sont propices à l’augmentation de ces violences. Et ce n’est pas faute d’avoir prévenu en amont. En mars dernier, nous vous parlions déjà de la pétition Nous-toutes.fr pour la mise en place d’un plan d’urgence en faveur des femmes victimes de violences durant le premier confinement.

Enfin, 15 % des Françaises ont déjà fait état d’une ou plusieurs agressions sexuelles. On se souvient notamment du bad buzz rencontré par Uber fin 2019 lorsque la parole des femmes s’était libérée au travers du hashtag #UberCestOver.

Améliorer la prise en charge et l’écoute des victimes

Pour plus de la moitié des sondées (52 %), il faut impérativement améliorer la prise en charge et l’écoute de victimes de violences sexistes ou sexuelles. 49 % ont demandé une accentuation des politiques éducatives et de lutte contre les stéréotypes sexistes. L’école est un bon vecteur, mais libérer la parole au sein même de la famille serait aussi une excellente chose.

Point positif : l’impact du mouvement #MeToo a permis à 72 % des sondées d’affirmer que la parole est désormais plus aisée face aux violences quotidiennes que subissent les femmes.

Confinement et harcèlement de rue

Si on s’était malheureusement douté que le confinement ne ferait pas baisser le taux de violences conjugales ; on pouvait à juste titre penser que le harcèlement de rue se réduirait de manière drastique. C’est tout à fait l’inverse, il est même devenu encore plus dangereux.

Imaginez : vous êtes suivie par un homme insistant. Les rues sont désertes, les boutiques sont fermées, il n’y a aucun lieu dans lequel vous réfugier. Les transports passent même moins régulièrement. Avec le télétravail généralisé, il n’y a personne sur le quai ou à l’arrêt de bus. Vous êtes donc « à la merci » de ce prédateur qui n’a visiblement aucune connaissance de la notion de consentement.

Ce scénario est effrayant. Et c’est malheureusement ce que de nombreuses femmes ont vécu durant ces deux confinements, lorsqu’elles se rendaient au travail ou allaient tout simplement faire leurs courses.

En temps normal, les choses ne sont pas plus glorieuses. Interrogée par Terrafemina.com, la féministe et activiste body positive Anchara raconte :

« Nous, en plus de se faire insulter, on peut en plus se prendre des insultes grossophobes. Je me rappelle d’une fois où j’allais travailler, tranquillement je marchais avec mes écouteurs. Un inconnu se plante devant moi et m’insulte pendant dix minutes, des insultes très vulgaires. Il m’explique qu’il peut avoir des nanas comme moi, 300 par semaine dans son lit, que je mérite ses insultes et ça s’est terminé en remarques grossophobes sur la taille de mon séant. Ce n’était ni le premier ni le dernier, mais lui était particulièrement con et virulent. »

Violences conjugales pendant le deuxième confinement : hausse de 15 % des signalements en ligne

Lors du premier confinement en mars dernier, les violences ont été 5 fois plus nombreuses qu’à la normale. Fort heureusement, les chiffres du deuxième confinement n’atteignent pas ce chiffre. Pour autant, Marlène Schiappa, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur et chargée de la citoyenneté, explique lors d’un déplacement à Guyancourt (Yvelines) que la plateforme en ligne de signalement des violences conjugales a enregistré une hausse de 15 %.

Elle ajoute qu’un site de gendarmerie est également installé à Rennes. Depuis le lancement de la plateforme il y a deux ans, les forces de l’ordre ont traité plus de 20 000 tchats selon les dires de la ministre. Ces agents à l’écoute des victimes peuvent les orienter vers un commissariat ou une brigade de gendarmerie pour un dépôt de plainte ou vers des associations spécialisées. Si une menace immédiate pèse sur la personne, une patrouille de police peut être envoyée sur place pour intervenir.

Si vous êtes dans cette situation ou connaissez une femme qui en aurait besoin, sachez qu’il existe un numéro d’écoute, une ligne téléphonique spécifique, le 3919, gérés par la Fédération nationale solidarité féminine (FNSF).

Amandine Cadilhon
Amandine Cadilhon
Journaliste mode, mes articles, mettent en lumière les diverses tendances et styles qui façonnent l'univers de la mode féminine. Mon objectif est de proposer un contenu diversifié et accessible à toutes et tous, en soulignant l'importance de l'expression personnelle et de l'empowerment à travers la mode.

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