Halle Berry, femme ménopausée et fière de l’être, prend régulièrement la parole sur des sujets, classés « sensibles ». L’actrice, qui a incarné Catwoman à l’écran et prêté ses traits à une héroïne de l’univers X-Men, a un super-pouvoir dans la vraie vie : elle brise les tabous à la seule force de ses mots. Récemment, elle a admis repousser ses rendez-vous chez le gynécologue à cause d’une première expérience chaotique entre les étriers. Un discours intime qui trouve une résonance chez de nombreuses femmes.
Halle Berry, sans filtre sur son rapport au gynécologue
Actrice oscarisée qui a campé des personnages badass, Halle Berry est une militante dans l’âme. Cette femme qui a mûri sous les yeux transits des spectateurs et qui a orné les murs de nos chambres d’adolescents, n’est pas qu’une silhouette. D’ailleurs, ce corps qui a marqué les esprits sous cette combinaison en latex ultra audacieuse et qui a longtemps été érigé en fantasme, elle cherche encore à le comprendre et à le déchiffrer.
Si elle est souvent présentée comme une demi-déesse tombée du ciel, elle a les mêmes angoisses que « madame tout le monde ». Ménopausée acceptée, elle n’hésite pas à dire haut et fort ce que d’autres tentent de garder secret, par souci d’image. Les célébrités les plus adulées du 7e art restent humaines avant tout, y compris celles qui ont porté des personnages de fiction puissants et imperturbables.
Dans un échange accordé au HuffPost, Halle Berry a fait des confidences rares sur sa santé intime. Elle a d’ailleurs parlé d’une peur, presque collective : celle du gynécologue. Comme quoi, même les plus grandes actrices repoussent leurs rendez-vous de routine, non pas à cause d’un agenda surchargé et des castings impérieux, mais par appréhension. Halle Berry retarde sans cesse ce moment intimidant et même s’il n’y a pas de « bonnes raisons » de louper un tel examen, elle dit avoir été traumatisée par son premier frottis.
« Dans ma jeunesse, à cause du vieux spéculum, je n’y allais pas tous les ans. Franchement, je n’aimais pas ça », a déclaré Halle Berry. Avant de poursuivre : « Je n’aimais pas avoir à serrer les dents. Je n’aimais pas ce que je ressentais ». Un discours qui fait d’autant plus sens puisque sa fille de 18 ans entre dans un âge où écarter les jambes face à une lampe éblouissante devient quasiment un passage obligé.
Moderniser le speculum, l’acte fort de l’actrice
Si, comme Halle Berry, de nombreuses femmes procrastinent sur ce check-up qui se joue sous la ceinture, ce n’est pas seulement parce qu’elles redoutent les mauvaises nouvelles ou les résultats alarmants. Lorsqu’elles se déshabillent pour l’examen, elles se sentent en position de faiblesse et de grande vulnérabilité. Peur du jugement, du diagnostic final de la douleur ressentie à travers cet objet en métal froid, qui n’a pas évolué depuis le XIXe siècle… les femmes préfèrent rester dans l’ignorance plutôt que de s’adonner à cet examen, qui donne parfois l’impression d’être « une chose ».
« Quand j’ai appris que 72 % des femmes renoncent à leur examen du plancher pelvien par crainte de subir cet examen intime, souvent douloureux et angoissant, avec l’ancien spéculum obsolète, j’ai été interpellée », s’est alarmée l’actrice. Il faut dire que le speculum est un peu un fossile médical qui ressemble plus à un appareil de torture, qu’à une grande trouvaille ergonomique.
Soucieuse du bien-être intime des femmes, Halle Berry a fait de ce problème universel un combat personnel. Consciente du caractère désuet et barbare du speculum, héritage d’une ère où la gynécologie n’en était qu’à ses débuts, elle s’est associée à l’entreprise Nella pour réactualiser cet objet et le rendre plus « accueillant ». Ensemble, ils ont mis au point un spéculum en polymère, une matière supposée plus douce et silencieuse. Une révolution tardive dans la conception du matériel, mais d’utilité publique.
Halle Berry, très impliquée dans la santé féminine
Halle Berry, visage de la James Bond Girl qui est devenu celui d’une lutte précieuse, souhaite rattraper les lacunes d’une médecine à deux vitesses, qui a longtemps accusé les femmes d’exagérer leurs symptômes ou d’être trop douillettes. Si elle s’investit autant dans ce travail de sensibilisation intime, c’est parce qu’elle aussi s’est sentie « délaissée » par le milieu médical. Comme piégée dans un « no woman’s land ».
Dans les colonnes de Women’s Health, Halle Berry raconte avoir vécu une longue période de périménopause sans savoir ce qui lui arrivait. Elle avait l’impression d’être une étrangère dans son propre corps. À un moment, les professionnels de santé ont même confondu des symptômes gynécologiques avec un herpès. Ça lui a ouvert les yeux sur le manque de formation des médecins, encore peu renseignés sur cette période charnière de la vie d’une femme. Cette expérience lui a servi de déclic et l’a encouragé à créer la plateforme collaborative Respin, une sorte de « safe place » pour les femmes qui entrent dans la ménopause.
« Nous méritons plus de moyens, plus de financements, plus d’éducation, plus de recherche, car nous avons le droit de comprendre le fonctionnement de notre corps et ce qui est le mieux pour nous », conclut Halle Berry qui mérite également l’Oscar de la bienveillance.
