Pendant des années, Sasha Pieterse a lutté en silence. Derrière son image de star de la série Pretty Little Liars, l’actrice aujourd’hui âgée de 29 ans affrontait des symptômes physiques et psychiques qu’aucun médecin ne semblait prendre au sérieux. Dans une récente interview au podcast She MD, elle revient avec courage sur son long parcours vers un diagnostic qu’elle attendait depuis près d’une décennie.
Une jeunesse sous les projecteurs et dans l’incompréhension
Révélée à l’âge de 12 ans dans Pretty Little Liars, Sasha Pieterse incarnait un personnage sûr de lui, admiré et observé par des millions de téléspectateurs. Mais derrière la fiction, la réalité était tout autre. À 17 ans, elle avait déjà pris plus de 30 kilos, sans raison apparente, et souffrait de symptômes complexes : troubles hormonaux, changements corporels brusques, crises incontrôlées et douleurs récurrentes.
Malgré ces signes alarmants, ses plaintes ont été systématiquement minimisées. “On me disait que je mangeais trop ou que je ne faisais pas assez de sport,” confie-t-elle aujourd’hui. Pourtant, elle maintenait une hygiène de vie équilibrée. “Si j’avais mangé plus de salades, j’en serais devenue verte,” ajoute-t-elle avec une pointe d’ironie.
Dix-sept médecins consultés, et toujours aucune réponse
Entre l’adolescence et l’âge adulte, Sasha Pieterse a consulté pas moins de 17 spécialistes, en majorité des gynécologues. À chaque fois, le même discours : ses symptômes seraient dus à un mode de vie inadapté. Aucune exploration plus poussée n’a été proposée, malgré l’accumulation de signes évocateurs d’un déséquilibre hormonal.
Cette absence d’écoute et de considération a eu un impact profond. Sasha explique avoir traversé des phases de découragement, de troubles alimentaires et une profonde altération de son image corporelle. “J’ai cru que tout était de ma faute,” dit-elle. Pourtant, son instinct lui disait qu’il se passait quelque chose de plus sérieux.
Le jour où enfin, on l’a écoutée
Il a fallu attendre plusieurs années et une rencontre déterminante avec une professionnelle de santé à l’écoute pour que Sasha obtienne enfin un diagnostic : le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Cette maladie hormonale, qui touche environ 1 femme sur 10, est encore largement méconnue ou sous-estimée, malgré ses effets importants sur la santé globale.
Le SOPK se manifeste par divers symptômes : cycles irréguliers, prise de poids difficile à contrôler, troubles cutanés, fatigue chronique, et parfois un impact sur la fertilité. Ses causes exactes sont encore floues, mais son impact sur la vie quotidienne peut être très lourd si le diagnostic et la prise en charge sont retardés.
“Ce diagnostic a été un soulagement. Ce n’était pas dans ma tête. Je n’étais pas seule, ni responsable,” partage Sasha avec émotion. Elle insiste sur l’importance de continuer à plaider pour soi, même lorsque le système médical semble fermé ou insensible.
Une parole libérée, utile pour d’autres
Aujourd’hui, Sasha Pieterse utilise sa notoriété pour mettre en lumière le SOPK et encourager d’autres jeunes femmes à se faire confiance, à insister et à poser des questions. Elle rappelle aussi que l’apparence physique ne reflète pas toujours la réalité de ce que vit une personne, et que la bienveillance — de la part des professionnels de santé, mais aussi du grand public — est essentielle.
En partageant son histoire, Sasha envoie un message clair : il est temps que la médecine prenne plus au sérieux la parole des femmes, en particulier lorsqu’elles évoquent des symptômes persistants, même si ceux-ci ne rentrent pas dans les cases classiques.
Vers plus de reconnaissance et d’écoute
Le témoignage de Sasha Pieterse révèle un problème systémique : l’errance médicale des femmes, et le manque de reconnaissance des douleurs ou troubles liés au cycle hormonal. Son parcours inspire par sa résilience, mais pose aussi une question urgente : combien de personnes doivent encore attendre des années pour que leur souffrance soit enfin prise au sérieux ?
En brisant le silence, Sasha ne cherche pas la compassion. Elle ouvre la voie à une meilleure compréhension, et peut-être à une évolution durable dans l’approche médicale des troubles hormonaux.