Une joueuse de tennis, jugée « pas assez athlétique » pour renvoyer les balles à ses adversaires et faire crisser ses baskets sur la terre battue, démocratise les rondeurs sous la jupe plissée. La bienveillance dans le viseur, Sandy (@seindie sur Instagram) prouve que le sport n’a pas de tailles et que les compétences sur un court ne se résument pas au tour de hanches. Un beau revers dans les diktats.
Les silhouettes dites « généreuses » ont leur place sur les courts
Nul besoin d’avoir les bras affûtés de Sabalenka et les jambes galbées de Naomi Osaka pour faire des smashs et rattraper la balle in extremis dans une acrobatie proche du grand écart. Pourtant, dans l’imaginaire collectif, il faut forcément avoir des muscles apparents et faire un « poids plume » pour s’adonner à ce sport de raquette exigeant, qui nécessite endurance, agilité et force physique. L’apparence ne fait pas la sportive. D’ailleurs, ce n’est qu’un détail secondaire entre les filets. Sauf que voilà, comme toujours, les mensurations des femmes semblent plus importantes que le score de leurs sets.
La créatrice de contenu Sandy (@seindie sur Instagram) défie cette image du « corps type » et renverse la situation en même temps que les diktats de minceur. La pétillante jeune femme, qui a une grande curiosité sportive, ne se contente pas de suivre les matchs de Wimbledon depuis son canapé. Elle s’implique activement dans cette pratique sportive et joue en club à titre amateur.
Alors que des inconnus, immunisés par leur pseudo, lui recommandent sous une fausse sympathie de « faire plus de sport », elle répond avec son palmarès à l’appui. « Ce week-end, j’ai joué trois matchs de padel, deux matchs de tennis et j’ai remporté une finale », lance-t-elle, comme une balle en plein service ou un pavé dans la mare. Parce que si Sandy (@seindie) a remporté plusieurs médailles, elle n’a pas encore gagné la reconnaissance de cette société, qui juge le talent athlétique à la circonférence du ventre ou des cuisses.
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Le tour de taille ne définit pas les capacités sportives de quelqu’un
« Je bouge parce que ça m’apporte de la joie », annonce-t-elle d’emblée. Comme pour préciser qu’elle ne le fait pas pour « s’affiner » ou « perdre des kilos ». Parce que non, Sandy (@seindie) ne court pas après un idéal, simplement après des balles jaunes fluos. Considérées comme des outsiders esthétiques ou des exceptions anatomiques, les femmes qui ont un corps aux multiples reliefs sont en compétition constante avec les normes de beauté.
Quand elles ont des muscles saillants, on leur reproche de « se masculiniser » ou « de saboter leur potentiel élégant » comme ça a été le cas avec Serena Williams. Et paradoxalement, lorsqu’elles ont de la cellulite, des bourrelets ou encore un ventre moelleux à la place des tablettes de chocolat, on leur fait comprendre qu’elles gagneraient « à maigrir » et à « se tonifier ». Or que les muscles soient très visibles ou enveloppés dans des tissus de graisse, une femme ne devrait jamais être disqualifiée pour son corps.
Les rondeurs encore trop souvent associés au manque d’activité
Selon une pensée aussi tenace que la terre battue sur les chaussettes blanches, les personnes rondes ou grosses doivent cette silhouette à leur flemme et leur absence d’entrain. Pour beaucoup, les bourrelets sont le reflet d’un laisser-aller, de repas caloriques, de grignotages à répétition, d’excès de chips et de passivité. Comme s’ils pouvaient lire à travers la chaire et juger un corps à sa couverture. Ces déductions hâtives illustrent surtout une grossophobie ordinaire.
Cette tenniswoman en fait l’expérience à chaque échange, mais Sandy (@seindie) refuse de laisser les commentaires de bord de court devenir l’arbitre de sa valeur. Derrière son écran, certains spectateurs improvisés pensent encore qu’un corps rond ou gros est incompatible avec un corps sportif. Ils confondent silhouette et condition physique, apparence et performance, enveloppe corporelle et capacité.
Le témoignage de Sandy (@seindie) rappelle ainsi une évidence souvent oubliée : il n’existe pas une seule manière d’être athlétique. La puissance ne se mesure pas uniquement à la définition des abdominaux, l’endurance ne se lit pas dans un tour de cuisse et l’agilité ne se devine pas à la taille d’un vêtement. La balle ne demande pas à celle qui la frappe combien elle pèse. Le score, lui, ne s’intéresse qu’à ce qui se passe réellement sur le terrain.
