« On dirait une sorcière » : ses cheveux gris bouclés sont sa fierté

Des mèches grises se distinguent de sa chevelure noire et ses cheveux survoltés habillent joliment son visage, encore dans la fleur de l’âge. Ce que de nombreuses femmes camouflent sous des colorations, elle le célèbre de la plus belle des façons. Les internautes l’accusent de faire « négligée » et la somment de se « coiffer » mais Marie alias « espèce de sorcière » sur Instagram laisse libre court à sa chevelure clair-obscur.

Des cheveux gris en étendard

En général, dès que les racines virent au gris ou au blanc, les femmes plébiscitent des potions capillaires pour retrouver leur couleur originelle et entretenir leur image. Lorsque les mèches se décolorent et pâlissent au-dessus de la tête, elles voient là un signe de vieillesse, pire une bavure esthétique. Pas étonnant dans une société qui fait le culte de la jeunesse éternelle et qui ne cesse de diaboliser les cheveux blancs. Pourtant, Marie, artiste talentueuse qui vit en communion avec la nature, n’a pas l’intention de repeindre ses cheveux grisonnants.

Sa crinière se pare doucement d’un voile argenté et elle en est fière. Elle accueille ce changement capillaire redouté avec une sérénité rare. Contrairement aux chevelures platines où les mèches immaculées se fondent dans le décor touffu, les siennes transpercent ses boucles brunes comme le soleil au milieu des nuages. Pour cette femme créative qui peint au vert et qui prône un retour à l’essentiel, les cheveux blancs ne sont pas une fatalité mais une bénédiction. Ils prouvent que le corps, à l’instar de la nature, évolue au gré des âges et des épreuves.

Alors que les diktats de beauté incitent les femmes à lisser leur peau, à discipliner leurs mèches rebelles et à teindre leur chevelure lorsqu’elle n’est plus conforme aux attentes, Marie, elle, prend toutes ces injonctions à rebrousse-poil. Elle milite pour une beauté plus authentique et moins « aseptisée ».

 

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Des boucles sauvages qui font leur vie

Marie, qui se fait appeler « espèce de sorcière » sur les réseaux sociaux, est un esprit libre. Loin de succomber aux routines capillaires interminables et de sculpter ses boucles avec des huiles ou des sérums, elle les laisse s’épanouir à leur guise. Dans une société hypocrite, qui aime les boucles seulement lorsqu’elles sont bien rangées et soigneusement entortillées, Marie, elle, montre ses cheveux souples à l’état brut. Et, sacrilège, elle dégaine la brosse pour révéler toute la fougue contenue dans ses cheveux.

Après le coup de brosse, ses cheveux sont encore plus volumineux et déchaînés. Une chose est sûre : ils ne s’excusent pas d’exister. Avec cet effet vaporeux, rarement vanté dans les routines modernes, ils occupent toute la place. Marie défend une autre façon de se coiffer et prouve que les boucles sont encore plus belles lorsqu’elles sont insoumises. Les cheveux sont un peu comme une œuvre d’art : le but n’est pas tant qu’ils soient parfaits mais qu’ils racontent une histoire.

 

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Les critiques ne l’atteignent pas

Dans la barre des commentaires, les internautes s’en donnent à coeur joie. Il y a les personnes bienveillantes, voire même reconnaissantes, qui remercient Marie de brosser un autre portrait des boucles. Et il y a celles qui ont été bercées par les injonctions et pour qui cette chevelure enflammée est inacceptable.

« On dirait les femmes de dessins animés qui sortent du lit », scande l’une en précisant que « ce n’est pas méchant ». « Le combo cheveux blanc et cheveux mousseux c’est hideux. Cela fait sorcière qui se néglige », argue une autre. Ironie du sort, la future maman préfère être une sorcière libre qu’une princesse conditionnée. Loin de convertir Marie aux normes de beauté, ces critiques la poussent au contraire à exposer davantage sa crinière.

La créatrice de contenu, qui attend un heureux événement, ne redéfinit pas ses boucles mais les canons de beauté. Qu’on la compare à Hermione ou à Cruella, Marie est avant tout elle-même.

Cette artiste a de l’or au bout des doigts et de l’argent ancré dans les cheveux. En plus de faire l’éloge des mèches blanches, elle rétablit une vérité : les cheveux bouclés n’ont pas besoin d’être impeccables ou ordonnés pour briller.

Émilie Laurent
Émilie Laurent
Dompteuse de mots, je jongle avec les figures de style et j’apprivoise l’art des punchlines féministes au quotidien. Au détour de mes articles, ma plume un brin romanesque vous réserve des surprises de haut vol. Je me complais à démêler des sujets de fond, à la manière d’une Sherlock des temps modernes. Minorité de genre, égalité, diversité corporelle… Journaliste funambule, je saute la tête la première vers des thèmes qui enflamment les débats. Boulimique du travail, mon clavier est souvent mis à rude épreuve.

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