À 58 ans, elle skie dans une tenue improbable et envoie valser les diktats de l’âge

Pendant que l’on grelotte et que l’on multiplie les couches de vêtements sur nos épaules, une cinquantenaire fait tomber la combinaison de ski pour tutoyer la poudreuse en tenue une pièce. En se délestant de ses habits molletonnés et en révélant ce corps que la société juge sévèrement, elle guérit spontanément notre peur de vieillir. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette mère de famille n’a pas froid aux yeux.

Dévaler les pistes sans combinaison, un geste fort

En plein cœur de l’hiver, on s’emmitoufle jusqu’au cou et on veille à ce qu’aucun bout de chair ne soit exposé au froid. Cette règle thermique est d’autant plus valable sur les télésièges et les pentes immaculées où les combinaisons douillettes et les bonnets en laine ne sont pas de trop.

Cependant, certains courageux bravent les températures glaciales avec le strict minimum sur leur silhouette. C’est le cas d’une mère de 58 ans, qui a dévalé les pistes du Mont Cervin dans une tenue plus familière des plages de sable que des terrains de flocon. Dans une forme olympique, la cinquantenaire qui ne doit certainement pas avoir connaissance du mot « arthrose », s’est élancée entre les piquets avec une tenue naturellement près du corps. Munie d’une rafraîchissante mentalité, elle a montré ses talents de glisse sous le regard ahuri des skieurs.

Une scène qui nous donne des frissons de l’autre côté de l’écran, mais surtout qui abrège nos craintes du temps qui passe. Impossible de rester de marbre devant une telle démonstration de confiance. Cette mère de famille, qui prouve que la jeunesse réside surtout dans la tête, semble totalement hermétique aux avis extérieurs. Dans une société qui considère l’âge des femmes comme une date de péremption, cette image décomplexée nous redonne espoir.

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Pas juste un défi fun, mais un challenge contre les diktats

Dans les stations de ski, une poignée de téméraires, visiblement insensible au froid, s’adonnent à ce loisir sans l’accoutrement qui va avec. Ces gens intervertissent leurs essentiels d’hiver contre leurs basiques d’été sur les sommets enneigés. C’est une façon pour eux d’inaugurer ce sport d’hiver et de tester la résistance de leur corps face aux petits degrés.

Sauf que cette maman badass ne l’a pas fait pour suivre un mouvement ni pour relever un pari un peu givré. Elle a juste écouté sa petite voix intérieure : celle qu’on tente désespérément de faire taire. C’est ce qui s’appelle plus communément le « libre arbitre ». Si les femmes de cinquante ans sont souvent inexistantes dans l’espace public, la retraitée, elle, ne sait pas ce qu’est la discrétion. Elle fait du bruit là où la société attend de la pudeur ou de la modestie. Et si elle rougit, ce n’est pas de honte, mais simplement de froid.

Un bel exemple d’acceptation de soi

Chaque virage sur la piste, chaque éclat de rire malgré le vent glacial, devient une petite victoire sur les diktats de l’âge et de la perfection corporelle. En faisant tomber les couches de vêtements autant que les barrières mentales, elle inspire à reconsidérer ce que signifie vraiment « vieillir avec grâce ».

Accepter son corps, c’est aussi comprendre que la confiance n’est pas réservée aux jeunes générations. Il ne s’agit pas de défier le froid pour la gloire ni de se comparer aux mannequins des magazines : c’est un acte profondément personnel, une manière de célébrer son corps tel qu’il est, ici et maintenant. Et ce message résonne particulièrement à une époque où l’on nous vend constamment des remèdes contre le temps.

En fin de compte, cette histoire nous apprend que l’âge n’est qu’un chiffre et que le plus grand luxe, c’est de rester fidèle à soi-même. La jeunesse n’est pas une question de peau lisse ou de muscles saillants, mais de curiosité, d’audace et de joie de vivre.

Émilie Laurent
Émilie Laurent
Dompteuse de mots, je jongle avec les figures de style et j’apprivoise l’art des punchlines féministes au quotidien. Au détour de mes articles, ma plume un brin romanesque vous réserve des surprises de haut vol. Je me complais à démêler des sujets de fond, à la manière d’une Sherlock des temps modernes. Minorité de genre, égalité, diversité corporelle… Journaliste funambule, je saute la tête la première vers des thèmes qui enflamment les débats. Boulimique du travail, mon clavier est souvent mis à rude épreuve.

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