Certains enfants disparaissaient pendant des heures derrière un roman, une BD ou un livre d’aventures. Cette habitude, choisie simplement pour le plaisir, pourrait laisser des traces bien après la dernière page. Une vaste étude menée auprès de 10 243 jeunes associe la lecture commencée tôt à plusieurs indicateurs positifs observés à l’adolescence.
Les chercheurs ont comparé les jeunes qui avaient commencé à lire régulièrement pour le plaisir entre 2 et 9 ans avec ceux qui avaient commencé plus tard ou très peu lu. Les premiers obtenaient notamment de meilleurs résultats sur certaines capacités cognitives et présentaient de meilleurs indicateurs de bien-être quelques années plus tard.
Lire pour le plaisir n’a rien à voir avec terminer un livre imposé
Le détail compte beaucoup. L’étude porte sur la lecture choisie pour le plaisir, pas sur les devoirs scolaires.
Roman, bande dessinée ou histoire fantastique : ce qui importe ici est l’envie d’ouvrir le livre, de suivre une intrigue et de rester volontairement plongée dedans.
Les chercheurs ont aussi observé chez ces jeunes davantage de temps de sommeil et moins de temps passé devant les écrans. Cela ne permet pas d’affirmer que les livres expliquent à eux seuls toutes ces différences. Le milieu familial, les habitudes et de nombreux autres facteurs entrent évidemment en jeu.
Les fameuses 12 heures par semaine ne sont pas un objectif
L’étude relève qu’environ 12 heures hebdomadaires de lecture-plaisir étaient associées aux meilleurs résultats cognitifs dans cet échantillon. Ce chiffre n’est surtout pas une prescription à appliquer aux enfants.
Au-delà, les chercheurs n’observaient pas de bénéfice supplémentaire. Ils évoquent notamment la nécessité de conserver du temps pour d’autres activités, les relations sociales ou simplement le jeu.
Transformer la lecture en quota obligatoire irait d’ailleurs à l’encontre de l’idée de départ : le plaisir.
Ne pas avoir beaucoup lu enfant ne condamne rien
Ces résultats ne créent pas deux catégories entre les « bons lecteurs » et les autres. Tous les enfants n’ont pas eu le même accès aux livres, la même facilité à lire ni les mêmes centres d’intérêt.
Et l’étude ne dit absolument pas qu’il serait trop tard une fois adulte.
Si vous aimiez dévorer des livres sous la couette, cette ancienne habitude a peut-être accompagné bien plus que votre imagination. Et si vous avez découvert le plaisir de lire beaucoup plus tard, aucune horloge n’était arrivée à zéro.
Parfois, la meilleure raison d’ouvrir un livre reste encore la plus simple : avoir envie de connaître la page suivante.
