Le permis moto n’est pas un privilège masculin et nombreuses sont les femmes qui enfourchent des engins puissants ou qui font ronronner le pot d’échappement quand le feu passe au vert. Elles ne restent plus à l’arrière du pilote, les cheveux au vent comme le montrent les films à l’eau de rose et ne se contentent pas non plus d’un vespa couleur pastel. La créatrice de contenu @samslod tutoie le bitume avec une moto de gros gabarit et met une bonne longueur d’avance aux stéréotypes misogynes.
Les femmes à moto, freinées dans leur passion
Lorsque les femmes empoignent un volant et s’installent sur le siège conducteur, les hommes dégainent des phrases poussiéreuses qui auraient bien besoin d’une petite révision. “Femme au volant, mort au tournant”. “Les femmes roulent comme des tortues”. “Elles ne savent pas manœuvrer”. En résumé : la misogynie sur pilote automatique. Pour faire des reproches à celles qui ne font rien d’autres que respecter le code de la route, ils ne sont jamais à sec. Si les conductrices des véhicules à quatre roues sont les victimes collatérales d’une vieille mentalité patriarcale, les motardes, elles, en font l’expérience tous les jours.
Dès qu’elles prennent place derrière le guidon et qu’elles enfilent le casque, les hommes ne tardent pas à crier à l’accident et à tenter de les contaminer du syndrome de l’imposteur. Non, les femmes ne sont pas seulement vouées à admirer le paysage et à se cramponner à la taille de leur partenaire masculin. Elles ne sont pas non plus condamnées à la selle des vélos électriques, en accès libre dans les villes.
Elles aspirent aussi à prendre des virages en épingle sur le dos d’une moto, à ressentir l’adrénaline à chaque accélération, à partir en road trip en combinaison cuirassée et à lâcher les chevaux de leur engin. La créatrice de contenu @samslod incarne cette nouvelle génération de femmes qui n’ont pas peur de la vitesse et qui connaissent l’anatomie d’une moto mieux que la leur. Ces femmes, qui se retournent sur des modèles de moto plus que sur des vitrines de vêtements et qui semblent parler un langage codé fait de Yamaha MT-07 ou de Suzuki SV650, répondent en images à ceux qui veulent les distancer.
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Mettre un stop aux idées reçues, une nécessité
Sam Slodowitz de son vrai nom est une cascadeuse dans l’âme. La témérité est inscrite dans ses gênes. Pour elle, tenir une ligne droite sur plusieurs kilomètres et tutoyer des routes de montagnes sinueuses à deux roues, c’est de la rigolade. C’est un simple échauffement. Alors pour corser la pratique motorisée, elle réalise des acrobaties à pleine allure et sa moto devient un instrument artistique à part entière, une extension de son corps.
Circassienne de l’extrême, elle tient en équilibre sur une seule roue et domine une cylindrée d’au moins 200 kg. Dans le jargon de la moto, on appelle cette discipline du “stunt” mais pour des yeux innocents, ça s’apparente surtout à une prouesse physique. Malgré ces innombrables démonstrations de talent et la prise de risque indéniable, les haters lui collent aux baskets.
L’un d’eux a même indiqué : “Ok tu es une femme. Je parie que tu ne peux pas soulever ta moto toute seul”. Pour cette femme, qui honore n’importe quel défi, l’opération n’a pas été si délicate. Cette motarde, pour qui le blouson en cuir est presque une seconde peau, a aussi le sens de la débrouillardise. La moto semble presque faire un poids plume tant elle la relève avec aisance. Nul besoin d’appeler du renfort ou des “bras musclés”, elle surpasse tous les obstacles, qu’ils soient réels ou mentaux.
Les motardes, de plus en plus nombreuses sur les routes
Cette motarde chevronnée, qui a choppé le virus des deux roues il y a bien longtemps, prouve que les femmes peuvent manier ce véhicule avec l’aura de Lara Croft et le sang froid de Furiosa dans Mad Max. D’ailleurs, son quotidien ressemble à un film d’action. Alors que les hommes regardent sans cesse dans le rétroviseur, regrettant presque l’époque où ils avaient une utilité pour les femmes, elle garde les yeux tournés vers l’avenir.
D’ailleurs, ce n’est qu’un exemple de liberté parmi tant d’autres. Les femmes sont de plus en plus nombreuses à vouloir doubler ce mythe de la “petite chose fragile”. Celles qui se lancent dans ce parcours semé d’embûches et de machos, cherchent les sensations fortes, le frisson de l’accélération, le goût de l’indépendance.
Et ça se traduit dans les chiffres. Selon les données du CER, le Centre d’Éducation Routière, plus de 30% des candidats au permis moto sont des femmes. Elles brandissent ce fameux sésame estampillé grand « A » comme un symbole féministe.
Dans ce milieu où l’esprit d’équipe est une valeur essentielle, les femmes ne sont pas toujours bien accueillies. Il serait peut-être temps que leurs homologues passent la deuxième et prennent une autre voie que la masculinité toxique.
