Le parapluie se déploie surtout lorsque les prévisions météo annoncent des averses imprévisibles ou quand le ciel pleure sur le macadam. On le dégaine quand le temps est maussade. Bouclier contre les gouttes, cet accessoire imperméable a une autre fonction au Japon : il protège également des rayons. Armé contre les UV, le parapluie est la nouvelle ombrelle.
Le parapluie, l’accessoire estival le plus demandé
Le rôle du parapluie tient dans son appellation. Cet accessoire, qui se déplie au gré des intempéries et qui assure la tenue de nos brushings quand les nuages virent au gris, investit les paumes dès que le ciel devient menaçant. Plus étanche qu’une capuche de ciré, il nous garde au sec quand c’est le déluge à l’extérieur. Désormais, le parapluie n’a plus de saison attitrée. Il ne se cantonne plus aux giboulées de mars ou au temps morose de l’automne. Il abrite les têtes même quand le pays subit des vagues de chaleur et que l’atmosphère ressemble à celle du désert.
Nombreuses sont les amatrices de mode qui préfèrent le parapluie à la sempiternelle casquette ou à l’inconditionnel canotier. Autrefois accusé d’être encombrant, de prendre trop de place dans l’espace publique, voire de gâcher l’harmonie des tenues, le parapluie prend définitivement racine entre les mains, qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il fasse 40°C au soleil. Sur les réseaux sociaux, le parapluie s’érige comme un prolongement du bras mais aussi de l’identité vestimentaire. Ce n’est plus cet ustensile utilitaire que l’on ferme aussitôt qu’on l’a ouvert.
C’est un complément de style, la marque de fabrique des filles cools, celles qui consomment des matcha et flânent avec une nonchalance maîtrisée. Défendu essentiellement par des femmes venues du Japon ou de la Corée, le parapluie est le nouveau Graal de la mode. “Est-ce qu’on peut normaliser l’usage du parapluie en été ?” clame la créatrice de contenu @noisetier. “Le soleil devient de plus en plus dangereux alors le parapluie devient une partie de ma tenue” abonde @nysaisalone.
@hazelcherrylinaustralia’s heat is no joke sunscreen doesn’t help♬ what once was. – ☆
Un réflexe mode et bien-être inspiré du Japon
En Occident, l’usage du parapluie en été reste un geste marginal réservé aux peaux pâles et aux touristes aux yeux en amande. Celles qui daignent porter un parapluie par temps caniculaire reçoivent en retour des regards interrogatifs ou remplis de jugement. C’est presque un acte synonyme de mauvaise augure. Or, au Japon, c’est une tradition de longue date. Les parapluies se côtoient entre les grattes ciel et forment un véritable ballet.
Loin d’être un simple objet décoratif, le parapluie a une connotation spirituelle. Selon les croyances, cette ombrelle moderne serait aussi un aimant à esprits et contiendrait une âme. Utilisé pour répondre au diktat de la peau immaculée, le parapluie s’inscrit dans ce starting pack anti-UV, aux côtés des gants opaques, des visières et des masques en tissu. Au Japon, pays où le soleil ne pardonne pas le derme, la population se protège doublement et ne se contente pas d’un soin muni d’un SPF. C’est culturel. Et les japonaises choisissent des modèles qui assurent une certaine allure. Orné de fleurs de cerisier, de messages écrits en Kanji, de dentelles sculpturales ou d’oiseaux poétiques, le parapluie devient une signature visuelle.
Des parapluies étudiés pour braver les UV
Pour que le parapluie fasse office de rempart esthétique contre les UV, pas question de prendre le premier venu dans une boutique souvenir. Un parapluie ordinaire protège un peu contre les UV, mais pas de façon fiable. Certes, il crée un point d’ombre autour du corps mais il ne fait pas totalement barrage contre les rayons du soleil.
Sur le marché, il existe désormais des parapluies spécialement conçues pour repousser les UV et accompagner le corps dans ses virées sur le bitume de braise. Ces parapluies, qui imitent élégamment les parasols, sont pensés pour retenir les UV et mettre la silhouette en sécurité quand le mercure s’emballe. Les parapluies les plus performants sont généralement confectionnés dans un tissu à haute densité, souvent doublé d’un revêtement noir ou argenté capable de réfléchir une partie des rayons du soleil. Certains affichent même un indice de protection UV, à l’image des vêtements anti-UV. Plus la toile est opaque, plus l’ombre créée est efficace.
En plus de filtrer les UV, ces parapluies offrent un avantage immédiat : ils procurent une sensation de fraîcheur bienvenue. En créant une zone d’ombre mobile autour du corps, ils évitent d’avoir le soleil constamment sur le crâne et rendent les déplacements en ville un peu plus supportables. Un détail qui peut faire toute la différence lorsqu’il faut traverser plusieurs rues en plein après-midi ou patienter sous un arrêt de bus dépourvu d’abri.
À mesure que les vagues de chaleur se multiplient, ce réflexe venu du Japon pourrait bien quitter le rang des curiosités culturelles pour devenir une habitude estivale. Après tout, personne ne trouve étrange d’enfiler un manteau quand les températures chutent. Alors pourquoi continuer à s’étonner de voir quelqu’un ouvrir un parapluie lorsque le soleil devient, lui aussi, une forme d’intempérie ?
