À l’occasion de l’anniversaire de Rita Ora, le tabloïd américain TMZ a publié des photos de la chanteuse Rita Ora en maillot de bain, pensant peut-être offrir un cliché célébrant sa beauté. Au lieu de cela, c’est un torrent de commentaires négatifs qui s’est abattu, illustrant encore une fois la cruauté des injonctions faites au corps des femmes.
Des critiques contradictoires sur le poids et la musculature
Jugée tantôt trop maigre, tantôt trop musclée, Rita Ora fait l’objet de remarques désobligeantes et non sollicitées. Certain·e·s internautes lui suggèrent de « manger un cheeseburger », d’autres la qualifient d’« anorexique » ou regrettent qu’elle ait perdu ses « formes ». À l’inverse, d’autres critiquent ses abdominaux marqués, l’accusant d’être devenue un « rat de gymnastique ». Cette double contrainte, où une femme doit à la fois rester plantureuse sans être jugée grosse, être fine sans sembler trop maigre, illustre à merveille la violence du bodyshaming, instrumentalisé par un patriarcat toujours prompt à imposer des normes inatteignables.
Voir cette publication sur Instagram
Le soupçon Ozempic et la policing du corps féminin
Pour justifier ses critiques, certain·e·s internautes vont jusqu’à accuser la chanteuse d’avoir eu recours à l’Ozempic, un médicament prescrit contre le diabète mais détourné par certain·e·s pour perdre du poids. Une insinuation grave et gratuite qui rappelle que, dans l’univers du bodyshaming, le doute est systématique : dès qu’une femme modifie son corps, sculpte sa silhouette ou semble changer de poids, on lui prête automatiquement des motivations douteuses, voire malsaines.
Voir cette publication sur Instagram
Un phénomène loin d’être isolé
Le cas de Rita Ora n’est pas unique. Avant elle, Tori Spelling, Halle Berry et bien d’autres ont malheureusement subi des critiques similaires. Les commentaires âgistes, sexistes ou focalisés sur la silhouette sont monnaie courante, et les réseaux sociaux démultiplient la portée de ces propos malveillants. Les athlètes féminines, les actrices et les chanteuses continuent d’être jugées sur des critères esthétiques fluctuants, servant à rappeler que, quoi qu’elles fassent, elles ne correspondent jamais entièrement aux normes attendues.
Ce nouvel épisode de bodyshaming souligne l’urgence de déconstruire les injonctions contradictoires pesant sur les femmes. Il ne s’agit pas seulement de dénoncer un commentaire particulier, mais de pointer un système qui enferme dans des carcans impossibles à tenir. Face à ces attaques, Rita Ora, comme toutes celles qui subissent les mêmes pressions, devrait pouvoir trouver soutien et solidarité. Il est temps d’en finir avec le policing constant des corps féminins et de célébrer la diversité des silhouettes, des âges, et des choix de vie.