Elle a participé au célèbre concours de beauté des Miss à échelle locale mais ce n’est pas l’unique ligne sur son CV. Car Jabili Kandula n’est pas juste un physique et elle prouve que coquetterie et matière grise peuvent totalement cohabiter dans un seul et même corps. Elle parle aussi bien le langage de la mode que celui, un peu plus technique, de l’aéronautique. Pilote privée et journaliste spécialisée dans l’aviation, elle a foulé le podium et les couloirs de la NASA. Portrait d’une femme aux multiples visages et aux solides bagages.
Des podiums aux pistes d’atterrissage
Une silhouette élancée, un regard magnétique, une confiance infaillible et un teint solaire qui trahit des origines indiennes. Jabili Kandula est une de ces figures que l’on croise dans les pages vernies des magazines. Avec son port de tête gracieux, son sourire ravageur et son visage d’une élégance presque irréelle, elle a tout naturellement répondu au casting de la Fashion de New York et prêté ses traits à Vogue, Elle et Harper’s Bazaar.
Elle a également foulé la scène des Miss où elle a décroché la couronne de Miss New Jersey USA. Mais la jeune femme ne se résume pas à son apparence. Elle mène une double carrière inspirante qui lui permet de s’épanouir sous les projecteurs et derrière le tableau de bord d’un cockpit. Jabili n’est pas seulement douée pour défiler et sourire sur commande. Certes, elle coche les critères d’une industrie de la mode très sélective mais ce statut que certains jugent “superficiel” ne lui ôte pas son intelligence.
Contrairement aux idées reçues, les femmes en tête d’affiche des médias haute couture et les prétendantes du diadème argenté ne sont pas juste bonnes à capter l’attention des flashs et à se pavaner en talon. Jabili, elle, porte l’écharpe de Miss aussi bien que l’uniforme de pilote. Surtout, elle prouve que les ambitions mode et les études d’aéronautique peuvent se chevaucher sur un profil LinkedIn, sans jamais se contredire.
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Une Miss qui parle couramment aéronautique
Sur son compte Instagram, qui lui sert à la fois de catalogue professionnel pour les griffes en quête de nouveaux modèles mais aussi de carnet de réussites, Jabili partage des bribes de son quotidien à deux vitesses. Ses deux passions ne jurent pas sur ses réseaux : elles trouvent presque un écho.
Des images rescapées de shootings flirtent avec des portraits capturés dans les airs, le casque vissé sur la tête et le regard braqué sur l’horizon bleuté du ciel. Les looks soutenus et les makeup full face flirtent avec les hélices et les moteurs à turbo réaction. Et lorsque Jabili prend place aux commandes des avions, ce n’est pas une mise en scène publicitaire, ni de la figuration.
Titulaire d’une licence en journalisme et études des médias de l’université Rutgers-NB, elle prétend à un master en aéronautique à l’université Embry-Riddle, avec une spécialisation dans les opérations spatiales. Pilote précoce, elle a décroché son brevet à 20 ans. Et comme à son habitude, pour passer de la théorie à la pratique, elle a voulu viser le sommet : la NASA. Parce que Jabili ne prend jamais ses rêves à la légère, elle les transforme toujours en réalité.
De la scène mode à la NASA, il n y a qu’un pas
Dans la continuité de ses études, Jabili a troqué, le temps d’un stage, sa banderole de Miss contre un collier floqué aux couleurs de la NASA et ses robes des grandes occasions contre un ensemble bleu électrique raccord avec le logo de cette institution spatiale. C’est un véritable accomplissement pour la jeune femme, qui ne connaît pas la demi-mesure. Elle fait partie des 1119 stagiaires rigoureusement choisis parmi 178 734 candidats.
Derrière ces murs confidentiels, qui semblent presque impénétrables, elle occupe le poste de rédactrice technique et de spécialiste en communication sur le projet de démonstration en vol de la motorisation électrifiée. Sur son CV, les concours de beauté côtoient donc des termes nettement moins glamour sur le papier : propulsion électrique, opérations spatiales, rédaction technique. Deux registres que Jabili manie pourtant avec la même aisance.
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Refuser de choisir entre féminité et crédibilité
Si son corps lui permet de défiler, de marcher en équilibre sur des chaussures vertigineuses et de dompter les objectifs des appareils, son cerveau lui permet de dessiner des plans de vol, de calculer une trajectoire et de trouver des solutions en cas de turbulence. Car Jabili ne prend pas seulement de la hauteur sur le catwalk et autre piédestal de la mode, elle le fait aussi en tenant les rênes des avions.
Elle a autant sa place dans les colonnes des magazines mode qu’au premier plan du cockpit. À la NASA comme chez les Miss, elle se sent d’ailleurs dans son élément. Jabili assume pleinement sa féminité dans un univers encore très masculin et explique vouloir montrer aux jeunes filles qu’elles n’ont pas besoin de renoncer à une facette d’elles-mêmes pour être prises au sérieux dans l’aéronautique. Le problème n’est pas qu’une Miss travaille dans l’aérospatial, mais qu’on trouve encore cette combinaison surprenante. Avec ses deux métiers, Jabili survole largement les clichés qui voudraient que les femmes brillantes ne brillent que par leur esprit et jamais autrement.
Jabili est partie à la conquête de Miss Univers Canada mais aussi des airs. Elle est reine de beauté mais son trône prend la forme d’une banquette d’aéronef. C’est peut-être un petit pas pour le commun des mortels mais c’est un pas de géant pour les femmes, encore sous-représentées dans l’aéronautique. Après tout, un titre ne devrait jamais en effacer un autre.
