Pourquoi vos cheveux tombent-ils davantage en automne ? Ce qu’il faut savoir

En automne, nos cheveux suivent le même rythme que les feuilles des arbres : ils tombent par poignées. Ils se détachent de notre crâne comme les feuilles de leurs branches. Il suffit de recueillir tous les cheveux morts étalés sur le sol, dans le creux de la brosse ou sur l’oreiller pour en prendre conscience. On pourrait presque s’en faire un duvet moelleux pour l’hiver. Cette perte de cheveux saisonnière, même si elle semble spectaculaire, est en réalité assez inoffensive. Et leur absence ne se fera presque pas remarquer dans le reflet.

Une chute saisonnière qui n’a rien d’exceptionnel

À l’automne, le siphon de la douche ressemble parfois à une perruque miniature et la brosse récolte une quantité de cheveux suffisante pour nous faire craindre le pire. Pourtant, cette impression de déforestation capillaire peut simplement correspondre au fonctionnement naturel du cheveu.

Notre chevelure ne pousse pas en continu. Chaque follicule passe par différentes phases : une période de croissance, une phase de transition, puis une période de repos avant que le cheveu ne tombe et laisse progressivement la place à un nouveau venu.

Plusieurs travaux ont observé qu’une proportion plus importante de cheveux entre dans cette phase de repos à la fin de l’été, avec une chute qui devient davantage visible autour de la rentrée et au début de l’automne. Chez des femmes suivies pendant plusieurs années, les chercheurs ont bien retrouvé cette saisonnalité du cycle capillaire. Autrement dit, notre cuir chevelu possède lui aussi son calendrier.

Les cheveux tombent aujourd’hui à cause d’un cycle commencé plusieurs semaines plus tôt

Le froid qui s’installe n’appuie donc pas soudainement sur un bouton “éjection”. Les cheveux que nous retrouvons sur notre pull en octobre ont déjà commencé leur voyage vers la sortie bien avant.

C’est aussi pour cette raison qu’il est difficile de pointer une cause unique. La durée d’exposition à la lumière, les variations saisonnières et le rythme biologique du follicule pourraient jouer un rôle, mais les mécanismes précis ne sont pas encore totalement élucidés. Des études réalisées dans différentes populations retrouvent néanmoins un pic de cheveux en phase de repos autour de la fin de l’été et du début de l’automne. La chevelure n’est donc pas en train de nous abandonner à l’approche de l’hiver. Elle renouvelle simplement une partie de ses effectifs.

Quelques cheveux dans la brosse ne signifient pas que l’on devient chauve

Voir des cheveux tomber reste très impressionnant parce qu’ils s’accumulent. Un seul cheveu paraît insignifiant. Cinquante regroupés dans le bac de douche donnent immédiatement l’impression qu’une touffe entière manque à l’appel. Pourtant, perdre des cheveux au quotidien fait partie du cycle normal. Le NHS évoque généralement une perte d’environ 50 à 100 cheveux par jour, souvent sans que l’on s’en rende compte.

La chute automnale peut simplement rendre ce phénomène plus visible pendant quelques semaines. Et dans la plupart des cas, elle ne laisse pas derrière elle des zones clairsemées spectaculaires.

Éviter de déclarer la guerre à son cuir chevelu

Face à une brosse pleine, la tentation est grande de se jeter sur tous les sérums, gummies et lotions estampillés “anti-chute”. Pourtant, une chute saisonnière ne demande pas forcément une opération militaire dans la salle de bain. La meilleure stratégie reste souvent beaucoup moins spectaculaire : ne pas malmener inutilement les longueurs et le cuir chevelu.

On évite donc les coiffures constamment très serrées, les démêlages dignes d’un combat de catch ou les passages répétés d’appareils chauffants à température maximale. Le but n’est pas d’empêcher un cheveu arrivé au terme de son cycle de tomber, mais de ne pas ajouter de casse à une période où chaque filament retrouvé sur le sol nous paraît déjà suspect.

Et surtout, inutile de compter ses cheveux un à un après chaque shampoing. La salle de bain n’a pas besoin de se transformer en scène d’expertise scientifique.

L’assiette compte aussi dans l’histoire

La chevelure n’est pas complètement indépendante du reste du corps. Une alimentation très restrictive, une perte de poids importante ou certaines carences peuvent favoriser une chute plus diffuse. Le stress, une maladie récente, certains traitements ou un accouchement peuvent également modifier temporairement le cycle du cheveu. Ce qui signifie aussi qu’il n’est pas très utile d’accuser automatiquement l’automne dès qu’une poignée de cheveux reste dans la main.

Si la chute arrive après une période particulièrement éprouvante, un bouleversement physique ou un changement important dans l’alimentation, le calendrier peut être trompeur.

Quand la chute mérite un peu plus d’attention

Une perte saisonnière reste généralement diffuse et temporaire. En revanche, si les cheveux tombent brutalement en très grande quantité, si des plaques apparaissent, si la raie semble franchement s’élargir ou si le phénomène se prolonge sans amélioration, mieux vaut demander un avis médical plutôt que d’attendre le printemps avec résignation.

Toutes les chutes ne suivent pas le calendrier des feuilles mortes. Dans la majorité des cas, cependant, retrouver davantage de cheveux sur son pull à cette période n’annonce pas une catastrophe esthétique. La chevelure traverse simplement une petite mue saisonnière, beaucoup moins visible sur notre tête que dans le siphon de la douche.

Alors avant de paniquer devant cette moquette improvisée au fond de la brosse, mieux vaut se rappeler que les cheveux, comme les arbres, ont aussi leurs saisons. Et qu’une chute n’annonce pas forcément la fin : elle fait souvent simplement partie du cycle avant la repousse.

Émilie Laurent
Émilie Laurent
Dompteuse de mots, je jongle avec les figures de style et j’apprivoise l’art des punchlines féministes au quotidien. Au détour de mes articles, ma plume un brin romanesque vous réserve des surprises de haut vol. Je me complais à démêler des sujets de fond, à la manière d’une Sherlock des temps modernes. Minorité de genre, égalité, diversité corporelle… Journaliste funambule, je saute la tête la première vers des thèmes qui enflamment les débats. Boulimique du travail, mon clavier est souvent mis à rude épreuve.