Perchée sur des chaussures de plusieurs centimètres de haut et hissée dans une tenue légère en tissu, la danseuse professionnelle Anais Viola (@dfy_anais) se déhanche sur le parquet à plusieurs mois de grossesse. Si certaines femmes enceintes doivent faire un effort surhumain pour se baisser, l’enseignante de « heels », elle, bouge avec une aisance déconcertante. Son ventre rond est son plus bel accessoire et l’accompagne avec poésie dans chaque chorégraphie, même les plus énergiques.
Célébrer son ventre rond autrement
Anais Viola (@dfy_anais) exécute des mouvements acrobatiques, se laisse glisser sur le sol, fait rouler ses hanches à la manière de Shakira et exécute un grand écart en donnant l’illusion d’un geste facile. Et comme si ce n’était pas assez physique, elle suit le tempo de la musique avec des chaussures dignes du shoesing de Lady Gaga. Cette danseuse de métier, qui parle à merveille le langage corporel, se contorsionne avec son ventre rond en étendard.
Anais Viola a le rythme dans la peau, mais pas que : elle a aussi un bébé de plusieurs mois qui se balance à l’intérieur. Cuissarde à en décrocher la nuque, bandeau à strass éblouissant et short crocheté à la taille, cette chorégraphe fait de son ventre un emblème, une partie intégrante du spectacle. À travers cette performance artistique saisissante, elle chahute volontiers les idées reçues sur la grossesse.
Depuis la nuit des temps, on recommande aux femmes enceintes de redoubler de prudence, de ne pas trop s’agiter, de préserver le bébé comme s’il était fait de porcelaine. Dès qu’elles se trémoussent un peu, on leur reproche de mettre en danger la santé de l’enfant, voire de le malmener. Sauf que voilà, la fin de la grossesse ne s’apparente pas toujours à une sombre période de convalescence. D’ailleurs, Anaïs en est la preuve vivante. Elle ne résiste pas à l’appel sonore du poste de radio. Le son, lorsqu’il retentit dans le studio, s’empare presque spontanément de sa silhouette et la transcende.
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Une autre image de la grossesse
En général, on préconise aux femmes enceintes des activités douces comme le yoga, le pilates ou encore l’aquagym. En revanche, il est plus rare de les voir lever leur jambe par-dessus la tête, faire des pirouettes ou reproduire un clip des Pussycat Dolls. Pourtant, chaque femme vit sa grossesse différemment. Certaines se déplacent à la vitesse d’une tortue et bougent leur corps avec difficulté tandis que d’autres poursuivent leurs activités comme si de rien n’était.
Anaïs, elle, ne nargue pas les futures mères d’un air de dire « regardez ce que je sais faire ». Son quotidien ressemble à un show permanent et enceinte ou non, ça reste sa profession. Des études lui donnent d’ailleurs raison. Le Collège américain des obstétriciens et gynécologues présente la danse comme une forme d’exercice sans risque et bénéfique durant la grossesse.
Si les internautes les plus conservateurs incriminent cette pratique sportive et comparent ce ballet moderne à « une vulgaire prestation de striptease », la science l’encourage. Ça renforce le plancher pelvien et améliore la position du bébé dans le ventre. Le seul risque encouru pour son bébé, alias son petit colocataire de poche ? Devenir, à son tour, un danseur talentueux.
Populariser le « heels », une pratique encore dénigrée
Les danseuses classiques ont leur propre dress code et Anaïs aussi. Elle n’a pas des chaussons à rubans aux pieds, mais des bottes surélevées enveloppées de lacets. Point de justaucorps sur sa silhouette, mais des vêtements volontairement légers. Parce que dans sa discipline comme les autres, le corps est la pièce maîtresse. La danseuse chevronnée est une ambassadrice du « heels », cette danse qui exige de prendre de la hauteur et qui nécessite quelques notions d’équilibre.
De nombreuses femmes poussent les portes de son studio, désireuse de se réapproprier leur silhouette et de reconquérir leur reflet. Accusée d’être « trop suggestive » ou « trop vulgaire », cette pratique est encore mal comprise par le grand public. Pourtant, c’est loin d’être un « loisir de club pour adultes ». Rien que marcher toute une journée sur des pointes de dix centimètres est un sport à part entière alors faire des figures avec ces chaussures démesurées, relève de la prouesse. Et avec un ventre aux allures de ballon de baudruche, là c’est héroïque.
Alors que son corps accomplit déjà l’extraordinaire, la danseuse Anais Viola (@dfy_anais) au groove communicatif révèle le potentiel infini d’une femme qui porte la vie. Son bébé, partenaire invisible qui prend tout de même sa place, est son moteur.
