Pilule abortive : tout savoir sur l’IVG médicamenteuse

L’avortement reste un sujet très délicat et controversé dans notre société, mais il est important de comprendre toutes les options disponibles pour les femmes qui cherchent à interrompre une grossesse non désirée. Aux États-Unis, l’IVG est un sujet tabou, voire désormais interdit dans certains États. Mais qu’en est-il pour la France ? Entre tension politique et approvisionnement, la pilule abortive pourrait devenir une denrée rare dans notre pays.

Alors nous allons explorer tout ce que vous devez savoir sur l’IVG médicamenteuse. De son fonctionnement, jusqu’à ses risques potentiels, afin que vous puissiez prendre une décision éclairée si vous êtes confrontée à cette situation de santé difficile.

Q’est-ce que l’IVG médicamenteuse ?

L’interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse est une méthode d’avortement qui implique l’utilisation de médicaments pour mettre fin à une grossesse non désirée. Elle est effectuée dans les premières semaines de la grossesse, jusqu’à la neuvième semaine.

L’IVG médicamenteuse est une méthode sûre et efficace, avec un taux de réussite de plus de 95 %. Elle peut être effectuée dans un cadre hospitalier, en cabinet médical ou au planning familial. Mais cela dépend de la réglementation et des pratiques en vigueur dans chaque pays.

Avant de prendre une décision concernant l’IVG médicamenteuse, il est important de discuter de cette option avec un.e professionnel.le de la santé pour évaluer les risques potentiels, pour obtenir des conseils sur la prise de médicaments et les soins post-IVG.

Qu’est-ce que la pilule abortive ?

La pilule abortive, différente de la « pilule du lendemain« , est un médicament qui est utilisé dans le cadre de l’IVG médicamenteuse pour interrompre une grossesse en cours. Elle est composée de deux médicaments, le mifépristone et le misoprostol, qui sont pris à des moments différents.

  • La mifépristone (ou Mifégyne®) est prise en premier et agit en bloquant la production de progestérone, une hormone nécessaire pour maintenir la grossesse.
  • Elle est suivie par le misoprostol (ou Gymiso®), qui est à prendre 24 à 48 heures plus tard. Le misoprostol provoque des contractions utérines qui expulsent l’embryon.

La pilule abortive est souvent préférée par les femmes qui souhaitent éviter une intervention chirurgicale pour l’IVG. Mais aussi par celles qui préfèrent un avortement plus discret et plus privé, ou qui ont des contraintes géographiques. L’expulsion de l’embryon s’apparente alors à une fausse couche.

Alex Green/Pexels

Quelles sont les indications pour la prise d’une pilule abortive ?

La prise d’une pilule abortive, dans le cadre de l’IVG médicamenteuse, est uniquement indiquée si vous souhaitez interrompre une grossesse non désirée.

Quels délais pour une IVG médicamenteuse ?

Cette méthode est recommandée pour une grossesse de moins de 9 semaines d’aménorrhée, soit 9 semaines après le début de vos dernières règles ou 7 semaines de grossesse.

Au-delà de ce délai, la pilule abortive n’est plus possible ! Mais rassurez-vous, si vous êtes en France, l’avortement est toujours possible. Simplement vous devez avoir recours à une IVG chirurgicale.

Ce que dit la loi en France

Jusqu’à présent, l’IVG médicamenteuse était autorisée jusqu’à 7 semaines d’aménorrhée à domicile et prise en charge à l’hôpital jusqu’à 9 semaines d’aménorrhée. Cependant, depuis avril 2021, la Haute Autorité de Santé a décrété que l’IVG médicamenteuse en ville est possible jusqu’à 9 semaines d’aménorrhée, en raison de l’état d’urgence sanitaire.

Mais, depuis l’adoption de la loi du 2 mars 2022 renforçant le droit à l’avortement, le délai légal pour pratiquer une IVG médicamenteuse en ville a été étendu de 2 semaines. Il est désormais équivalent au délai légal pour une IVG médicamenteuse en centre hospitalier.

Dans tous les cas, il est nécessaire de discuter avec le.a professionnel.le de santé qui vous suit pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.

Pilule abortive et pilule contraceptive : une différence ?

La pilule abortive et la pilule contraceptive sont deux types de médicaments bien différents, même si ils contiennent tous deux des hormones.

Freepik
  • La pilule contraceptive, également appelée pilule hormonale, est un moyen de contraception utilisé pour prévenir et empêcher la grossesse. Elle agit en empêchant l’ovulation de se produire grâce à la libération d’hormones synthétiques dans le corps. Si l’ovulation ne se produit pas, la fécondation ne peut pas avoir lieu et la grossesse est évitée.
  • La pilule abortive est un médicament utilisé pour interrompre une grossesse déjà en cours. Elle est administrée aux personnes qui souhaitent mettre fin à leur grossesse, au cours des premières semaines. Elle agit en bloquant l’action de la progestérone, qui est nécessaire au maintien de la grossesse. Cela entraîne la détérioration de la muqueuse utérine et l’expulsion de l’embryon.

En bref, la pilule contraceptive est utilisée pour empêcher la grossesse d’arriver tandis que la pilule abortive est utilisée pour interrompre une grossesse déjà en cours.

La première consultation avant la prise de la pilule abortive

Lorsque vous prenez la décision d’avoir recours à une IVG médicamenteuse, la procédure commence par une première consultation avec un.e professionnel.le de santé (sage-femme ou gynécologue). Elle doit avoir lieu dans les 5 jours suivant votre appel. Ce délai est recommandé conformément aux recommandations de la Haute Autorité de Santé, pour pouvoir vous prendre en charge le plus rapidement possible.

Questions et examen clinique

Lors de cette consultation, le.a professionnel.le de santé vous donnera toutes les informations nécessaires sur la procédure et sur les effets secondaires. Il va recueillir les informations sur vos antécédents médicaux et votre état de santé.

Puis, iel va vérifier l’avancée de la grossesse en vous posant quelques questions et en effectuant un examen clinique pour vérifier la datation échographique de la grossesse.

Soutien psychologique

Mais aussi, iel pourra vous proposer un entretien d’information, de soutien et d’écoute avec des psychologues. Bien que cet entretien ne soit obligatoire que si vous êtes mineure, il peut être bénéfique de le programmer si vous en ressentez le besoin. L’objectif est de vous accompagner au mieux dans votre décision et de vous aider à traverser cette période difficile.

Suivi médical et échec de la pilule

Le.a professionnel.le de santé a aussi pour mission de vous informer sur plusieurs points, comme la nécessité d’un suivi médical 2 semaines après la prise de la pilule abortive. En raison du risque possible de poursuite de grossesse.

Il doit également vous prévenir que, en cas d’échec de la méthode médicamenteuse, une intervention chirurgicale sera toujours possible si vous souhaitez toujours interrompre la grossesse.

Pressfoto/Freepik

La deuxième consultation avant la prise de la pilule abortive

Il n’y a plus de délai de réflexion légal entre les deux consultations. Mais vous devrez respecter un délai de 48 heures de réflexion si vous avez choisi de prendre rendez-vous pour un entretien chez le.a psychologue ou si la loi vous y oblige.

Au cours de la deuxième consultation, la sage-femme ou le.a gynécologue vous remet une attestation de première consultation. Puis, vous serez amenée à donner votre consentement écrit pour l’IVG médicamenteuse ainsi que le lieu où vous souhaitez effectuer l’intervention.

À l’issue de cette consultation, la patiente reçoit une deuxième attestation lui permettant de réaliser l’intervention. Le.a praticien.ne discutera également avec vous de votre contraception future et vous proposera un dépistage d’infections sexuellement transmissibles.

La prise du médicament

Ensuite, la pilule abortive est administrée en deux étapes.

Première étape : la mifépristone

La première étape consiste en la prise d’un comprimé de mifépristone, qui bloque l’action de la progestérone et provoque la détérioration de la muqueuse utérine. Ce comprimé peut être pris en clinique, dans un centre de planification familiale, ou à domicile sous la supervision d’un.e professionnel.le de santé.

Deuxième étape : le misoprostol

Ensuite, environ 24 à 48 heures après la prise du mifépristone, la deuxième étape de l’IVG médicamenteuse commence avec la prise de comprimés de misoprostol. Ces derniers provoquent des contractions utérines et l’expulsion de l’embryon.

Ils peuvent être pris à la maison, mais vous devez être sous surveillance médicale pendant plusieurs heures pour s’assurer que l’IVG se déroule correctement.

Karolina Grabowska/Pexels

Après la prise des comprimés de misoprostol, vous pouvez ressentir des crampes, des saignements et des douleurs abdominales similaires à celles d’une menstruation abondante. Pas d’inquiétudes à avoir, mais ces symptômes peuvent durer plusieurs jours.

Le plus important est de toujours suivre les instructions du/de la professionnel.le de santé qui supervise l’IVG médicamenteuse et de prévoir un suivi médical pour s’assurer que l’IVG est complète et sûre.

La consultation de suivi

La dernière étape du processus d’IVG est une consultation de suivi, planifiée entre 14 et 21 jours après l’intervention. Cette consultation est importante, car elle permet de vérifier que la grossesse a bien été interrompue.

Au cours de cette consultation, le.a praticien.ne procède à un examen clinique et peut prescrire un dosage de ß-Hcg pour confirmer l’efficacité de l’IVG. Dans certains cas, une échographie pelvienne est nécessaire pour s’en assurer.

Le.a praticien.ne discutera également avec vous de la contraception pour éviter une nouvelle grossesse non désirée et pourra vous orienter vers un suivi psychologique si vous le souhaitez et si vous en ressentez le besoin.

Quelle est l’efficacité de la pilule abortive ?

Elle est très efficace pour mettre fin à une grossesse non désirée, avec un taux de réussite de plus de 95 %. Ce qui est légèrement inférieur à celui de l’IVG instrumentale qui est de 99,7 %.

Cependant, il est à noter que l’efficacité de la pilule abortive diminue avec le temps et qu’il est donc important de ne pas attendre trop longtemps avant de l’utiliser, si tel est votre choix.

Quels sont les effets secondaires de la prise de la pilule abortive ?

La prise de la pilule abortive peut entraîner certains effets secondaires, qui peuvent varier d’une femme à l’autre. Car chaque corps réagit différemment et certains effets secondaires peuvent être plus marqués que d’autres selon la personne.

  • Les effets secondaires les plus courants : des douleurs abdominales, des nausées, des vomissements, de la fatigue, des maux de tête, des vertiges et de la fièvre. Ces symptômes sont temporaires et disparaissent en quelques jours.
  • Les saignements : vous pouvez aussi ressentir des saignements abondants ou prolongés. Ainsi que des crampes utérines après la prise de la pilule abortive. Ces saignements peuvent durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines, mais ne nécessitent généralement pas de traitement particulier. Mais si vous vous inquiétez, n’hésitez surtout pas à en parler à votre médecin !
  • Les effets secondaires les plus rares : vous pouvez avoir une infection ou une hémorragie. Il est donc important de bien suivre les instructions du médecin et de le.a contacter immédiatement si vous présentez des symptômes inquiétants, comme une douleur abdominale intense ou une fièvre élevée.

Il est ainsi important de bien discuter avec un.e professionnel.le de santé pour comprendre les risques de cette méthode d’avortement.

Les précautions à prendre avant, pendant et après l’IVG médicamenteuse

Avant l’IVG médicamenteuse

Il est important de respecter les différentes étapes de consultation et d’examens médicaux prescrits par le.a praticien.ne pour s’assurer que vous êtes bien éligible à cette méthode d’avortement et qu’il n’y a pas de contre-indications.

Il est également recommandé de ne pas manger ni boire dans les 2 heures précédant la prise du médicament.

Pendant l’IVG médicamenteuse

Il faut suivre scrupuleusement le protocole de prise des médicaments prescrits par le.a médecin ou la sage-femme.

Après l’IVG médicamenteuse

Il est recommandé d’avoir une activité physique légère et d’éviter les bains chauds, les tampons et les rapports sexuels pendant les premiers jours qui suivent l’intervention.

Il faut aussi surveiller attentivement l’apparition de symptômes tels que des saignements abondants, des douleurs abdominales importantes ou une fièvre. Ne tardez pas à consulter rapidement un.e médecin en cas de doute ou de besoin.

Mais aussi, il est important de respecter la contraception recommandée par le.a médecin pour éviter une nouvelle grossesse non désirée.

Derek French/Pexels

Nos 7 conseils pour suivre votre IVG médicamenteuse sereinement

  1. Bien s’informer. Avant de prendre la décision de recourir à une IVG médicamenteuse, il est important de s’informer sur le déroulement de la procédure. N’hésitez pas à poser toutes vos questions à votre docteur. Iel est là pour vous aider et vous accompagner !
  2. Prendre soin de soi. La perte de sang, la chute d’hormones et la fatigue peuvent rendre cette journée difficile. Essayez de la rendre confortable en vous entourant de proches. Mais aussi en faisant des activités qui vous plaisent, comme regarder un film, manger un bon repas ou jouer à des jeux de société.
  3. Se faire accompagner. Cette décision peut être difficile à vivre. N’hésitez pas à vous faire accompagner par un.e proche pour vous soutenir et vous rassurer.
  4. Bien choisir votre date. Sélectionnez une date qui vous convient pour être sûre de pouvoir rester chez vous tranquillement. Ne prévoyez pas d’activités en cas de fatigue ou de complication médicale.
  5. Respecter les consignes du/de la praticien.ne. Pour maximiser les chances de succès, il est important de respecter les consignes en termes de dosage, d’horaires de prise et de suivi post-IVG.
  6. Prendre en compte sa contraception future. Il est important de reprendre une contraception adaptée à votre situation. Il faut trouver la méthode qui convient le mieux à vos besoins, à votre santé et à votre mode de vie.
  7. Éviter l’auto-jugement. Il est important de se rappeler que c’est un choix personnel et légal (en France). Évitez donc de vous juger vous-même ou de laisser les jugements des autres vous atteindre. Vous avez le droit de faire les choix qui sont les meilleurs pour vous et votre santé.

Et surtout, gardez le numéro du centre référent fourni par le.a médecin ou la sage-femme pour toute prise en charge urgente.

Les tensions d’approvisionnement en misoprostol en France

L’OTMeds (l’Observatoire de la Transparence dans les Politiques du médicament) a donné l’alerte il y a plusieurs semaines concernant la pénurie de misoprostol en France, une pilule abortive utilisée pour provoquer l’expulsion de l’embryon. Cette pilule est prise 36 à 48 heures après une autre pilule qui interrompt la grossesse.

Le dernier rapport de l’Observatoire de la transparence dans les politiques du médicament (OTMeds) a donc suscité l’inquiétude en alertant sur les pénuries de misoprostol. L’OTMeds a d’ailleurs déclaré « Il est inacceptable qu’un médicament aussi important soit indisponible, ne serait-ce qu’une semaine ».

De son côté, le ministre de la Santé François Braun, a reconnu « des tensions » dans les approvisionnements mais a rejeté le terme de « pénurie ». Cette controverse soulève des questions importantes quant à la disponibilité et l’accès aux médicaments en France.

Important à noter : la tentative d’empêcher une IVG, également appelée délit d’entrave, est considérée en France comme un acte répréhensible. Cette infraction est passible d’une peine de 2 ans d’emprisonnement et d’une amende de 30 000 €. Il est donc essentiel de ne pas interférer avec le droit à l’accès aux soins de santé.

L’IVG médicamenteuse est donc une méthode d’interruption de grossesse de plus en plus utilisée. Elle permet d’éviter une intervention chirurgicale et peut se dérouler dans un environnement plus intime. Cependant, il est important de prendre en compte les précautions, ainsi que les effets secondaires possibles. Faites-vous accompagner par un.e proche pour vous soutenir dans cette étape difficile. Mais surtout, prenez soin de vous et de votre santé !

Eve Pertuiset
Eve Pertuiset
Étudiante en communication dans le milieu de la mode, je suis passionnée d’écriture, tout en étant toujours à l’affût des dernières tendances à suivre. Mais j’écris aussi sur la beauté, l’actualité, la santé, le lifestyle… Tous les sujets piquent ma curiosité ! Pourquoi est-ce que j’ai choisi d’étudier la mode ? Car c’est une boucle temporelle. Les tendances partent, puis reviennent et grâce à ça, le monde de la mode se découvre de jour en jour. Alors il nous reste encore beaucoup à découvrir ensemble !
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