À presque 62 ans, Cristina Cordula parle d’une libido différente mais vivante, et d’une intimité qui peut évoluer sans drame. Et si le vrai sujet tenait à ce qu’on attend du désir ?
Vous êtes en couple, vous vous aimez, vous avez des projets, et pourtant une petite phrase revient, parfois dans votre tête plus que dans votre lit : ce n’est plus comme à 20 ans. Alors vous scrutez vos envies, vous comparez, vous cherchez une explication. Mais si la question n’était pas de « retrouver » quelque chose, plutôt de comprendre ce qui change, et ce qui compte vraiment pour vous ?
Quand « comme avant » devient une obligation
Entendre que votre libido devrait rester identique à 20 ans installe une règle invisible : le désir serait un indicateur de réussite personnelle. Or cette idée vient d’une norme qui valorise la performance. Votre vie intime n’a pas à cocher une case pour être valable.
Cristina Cordula, l’ancienne animatrice des Reines du shopping, le disait le dimanche 20 septembre dans l’émission YouTube de Carla Ghebali, à presque 62 ans : son désir est présent, mais différent qu’à 20 ou 30 ans. Ce déplacement est souvent présenté comme une perte, alors qu’il peut être une transformation. Le malaise naît fréquemment du comparatif permanent, plus que d’un problème intime.
Le désir n’est pas une ligne droite
On vous a peut-être appris à lire le désir comme un interrupteur : soit il est là, soit il « manque ». En réalité, la libido peut fluctuer, se déplacer, se reconfigurer. Quand la culture ne montre qu’un désir toujours disponible, elle rend vos variations suspectes au lieu de les normaliser.
Dire que l’intimité peut rester saine et superbe et fréquente à presque 62 ans, comme Cristina Cordula, ouvre une autre image de l’âge. Mais l’inverse existe aussi : une vie intime plus rare, ou plus tendre, ou plus mentale. L’enjeu reste votre rythme, loin de toute moyenne imaginaire.

Le couple n’est pas un test de performance
Dans son couple avec Frédéric Cassin, Cristina Cordula insiste : même si le sexe disparaissait plus tard, cela ne rendrait pas leur couple malheureux. Ce rappel dégonfle une injonction : si l’intimité baisse, l’amour serait en danger. Cette peur relève d’un scénario social.
Quand on réduit un couple au sexe, on oublie la vie partagée, les projets, la complicité, les attentions au quotidien. Cristina Cordula dit que cela va au-delà et que le vrai amour reste. Cette vision protège du chantage intérieur à la preuve par la fréquence.
Ce que l’on appelle « problème » est souvent une norme
Le mot problème arrive vite : je n’ai plus autant envie, je devrais, je deviens anormale. Pourtant, ce jugement vient souvent d’une conception étroite de la féminité : être désirable, disponible, et surtout cohérente avec l’image de la jeunesse. Qui a décidé de cette définition ?
Cristina Cordula affirme : « Ce n’est pas un problème. » Cette phrase remet la responsabilité au bon endroit : dans l’attente sociale. Si votre libido change, la question peut devenir : qu’est-ce qui, autour de moi, transforme cela en faute personnelle ?
Parler autrement d’intimité, sans se justifier
Le tabou crée un effet loupe : on se sent seule, donc on se croit à part. En parler, comme le fait Cristina Cordula, redonne de l’air. Nommer une vie intime saine peut aussi signifier : respectée, consentie, choisie. Votre désir n’a pas à être défendu comme une thèse.
À l’inverse, si vous ressentez moins d’élan, vous n’avez pas à produire un discours médical ou psychologique pour être crédible. Les explications en termes de défaillance ne sont pas les seules possibles. Votre expérience peut simplement être : c’est comme ça en ce moment. Et c’est déjà une information suffisante. Si ce changement vous pèse, un médecin ou une sage-femme peut aussi vous écouter sans jugement.
| Norme qui pèse | Ce que vous pouvez vous autoriser à penser |
|---|---|
| « Il faut que ce soit comme avant » | Votre libido peut être différente sans être moins bien |
| Un couple heureux fait souvent l’amour | Votre couple peut être solide avec d’autres formes d’intimité |
| Si ça baisse, c’est inquiétant | Votre vie intime peut évoluer sans devenir un diagnostic |
Revenir à ce qui vous convient, vous
Cristina Cordula dit être très contente de son épanouissement en tant que femme : cela déplace le centre de gravité. L’objectif devient de vérifier si votre désir vous ressemble aujourd’hui. Votre épanouissement ne se mesure pas à une époque de votre passé.
Et si la question était : qu’est-ce qui nourrit votre intimité, maintenant ? Parfois, c’est le charme, parfois la conversation, parfois le repos, parfois le rire. L’intimité peut être un pilier, ou un élément parmi d’autres. Ce qui compte, c’est votre accord intérieur.
Et si vous préférez ne pas courir après une libido « d’avant » ?
Vous avez le droit de ne pas chercher à retrouver vos 20 ans. Si votre libido est différente, cela peut être une donnée, pas une mission. Refuser la course au comme avant, c’est refuser une conception qui confond jeunesse et valeur. Votre corps n’a pas à prouver qu’il tient le rythme.
Vous pouvez aussi décider que votre vie intime est fréquente, ou qu’elle l’est moins, ou qu’elle est en pause, sans que cela vous définisse. Le choix de ne pas suivre l’injonction à la performance est légitime. Votre couple, votre désir, votre tempo : ce sont des territoires où vous restez souveraine.
