9 jeunes femmes sur 10 ont déjà subi des violences conjugales

D’après les résultats qu’une enquête réalisée par « Les Petites Glo » et En Avant Toute(s), 90,3 % des jeunes femmes (12-24 ans) ont déjà subi des violences conjugales. Et plus de la moitié se sont déjà senties obligées d’effectuer certaines pratiques sexuelles avec leur partenaire, par peur qu’il les quitte ou qu’il ne les aime plus. Des chiffres effarants qui montrent l’ampleur des violences affectives et sexuelles autour de nous, et ce, dès le plus jeune âge.

Des violences psychologiques au sein des jeunes couples

Pour « devenir » une femme battue comme dans les campagnes de sensibilisation, cela commence dès le plus jeune âge, et pas forcément par des coups. En effet, plus de 9 jeunes femmes sur 10 (soit 90,3 %) ont déjà subi des violences conjugales au cours de leur vie. Insultes, dévalorisation, menaces… près d’une jeune femme hétéro sur deux affirme avoir déjà été insultée par son partenaire. Les violences au sein des couples démarrent plus tôt qu’on imagine. Et les résultats rappellent à quel point la frontière est fine entre les violences psychologiques et physiques.

Ces chiffres édifiants découlent d’une enquête réalisée par Chloé Thibaud, rédactrice en chef des Petites Glo, une newsletter féministe et culturelle destinée aux adolescent.e.s. L’enquête est co-réalisée avec En avant toute(s). Cette association agit contre les violences envers les femmes et la communauté LGBTQIA+. L’enquête s’appuie sur un questionnaire en ligne réalisé du 2 au 27 novembre 2021. Au total, 3127 personnes, âgées de 12 à 24 ans ont été interrogées.

Plus de 3 femmes sur 10 affirment avoir déjà eu peur de leur partenaire

Parmi les violences conjugales, il existe des violences verbales, des insultes, et « des attitudes ou des phrases méprisantes ». Près d’une femme hétérosexuelle sur deux (46 %) a déclaré avoir déjà été rabaissée par son partenaire. La moitié des sondées affirment avoir été traitées de « pute », de « conne », ou d’avoir fait l’objet d’une autre insulte lors d’une relation. Et 66 % d’entre elles ont déjà douté de leur propre perception après avoir signalé à un partenaire qu’un comportement ne leur convenait pas. « Il dit que c’était pour rire, qu’elle a mal compris, change de sujet, etc. ».

Ces rabaissements banalisés créent un climat hostile dans le couple, où l’un.e peut tomber sous l’emprise de l’autre. Les violences psychologiques empêchent également de bâtir une relation de confiance. Cela se traduit dans l’enquête : plus de quatre femmes hétéros sur dix ont déjà eu peur que leur partenaire révèle des choses intimes à ses ami.e.s, dans leur vie scolaire, universitaire, professionnelle ou sur les réseaux sociaux.

39 % de jeunes femmes avouent que leur partenaire a déjà obtenu d’elles des comportements qui ne leur ressemblaient pas. C’est-à-dire qu’il leur ont déjà demandé de changer de style de vêtements, de ne plus voir certain.e.s ami.e.s ou membre de leur famille, ou de consommer des stupéfiants. Un score qui est presque similaire chez les femmes en couples avec une autre femme.

De la violence psychologique à la violence physique

Ces hostilités dans le couple se situent à la frontière de la violence physique. En effet, plus de la moitié des femmes se sont déjà senties obligées d’effectuer des pratiques sexuelles. Ceci par peur que leur partenaire ne les quitte ou qu’il ne les aime plus. Un chiffre qui descend à 38 % pour les lesbiennes.

À la question « Votre partenaire vous a-t-il/elle déjà poussé, craché dessus, mordu, empêché de sortir, brûlé, étranglé ? », une sur cinq (19 %) a répondu oui. Tandis que 30 % des femmes affirment avoir déjà eu peur de leur partenaire, parce qu’il ou elle a frappé dans le mur, ou les a menacées. Des observations qui font froid dans le dos ! Et le tabou sur ces violences perdure. En effet, 64 % des participant.e.s ont déjà « caché ou minimisé leurs problèmes par peur que leur entourage voit leur partenaire différemment ».

« Un·e partenaire qui casse des objets aussi, même s’il ou elle ne nous les lance pas directement au visage. Les résultats du sondage parlent d’eux-mêmes, malheureusement, et ces chiffres doivent plus que jamais nous alerter et nous donner envie d’agir. Ouvrons les yeux, protégeons-nous et protégeons nos jeunes », explique Chloé Thibaud

Et vous, aviez-vous conscience de ces chiffres ? Venez partager vos impressions avec nos lecteurs et lectrices, sur notre forum !

Cindy Viallon
Cindy Viallon
Journaliste free-lance, mes sujets de prédilection sont les féminismes intersectionnels, la société et la culture. J’aime déconstruire l’actualité et briser les tabous une fois pour tous·tes !
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