Aisselles poilues : elles remettent en question les normes de beauté féminines et ça fait du bien

Des aisselles poilues ? Berk, quelle ignominie ! Mais au fait, qui a décidé ça ? Alors que l’ère body positive est plus forte que jamais, certains ont décidé de bousculer les normes de beauté féminines et de les dénoncer. Interdit d’avoir des poils sous les bras quand on est une femme ? C’est ce qu’on va voir…

Nike poste une photo d’un mannequin aux aisselles poilues sur son compte Instagram

La marque de sport a décidé d’être plus inclusive. Elle veut aussi faire évoluer les mentalités et n’a pas peur d’utiliser sa notoriété pour cela, quitte à créer la polémique. Fin avril, elle profitait du lancement de sa nouvelle gamme de vêtements de sport pour publier cette photo du mannequin Annahstasia :

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Big mood @annahstasia.

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Evidemment, une majorité d’internautes s’est offusquée à la vue des aisselles poilues de la jeune femme. On a par exemple pu lire : « Dégoûtant !« , « Tu devrais te raser« , « Des poils d’aisselles… WTF ? » ou encore « Tu connais les rasoirs Gillette ?« . Des réactions qui nous laissent un peu perplexes… Après tout, cela ne choque personne lorsqu’un homme pose avec des poils sous les bras ! Pourquoi les femmes devraient obligatoirement raser leurs poils sous les bras pour être acceptables ?

Un avis que partagent tout de même quelques followers de Nike. La marque américaine a en effet été félicitée pour son engagement. Maintenant ce que l’on aimerait, c’est voir toutes les morphologies de femme représentées simplement et sans artifices. Il n’y a rien de plus beau (et de plus vendeur) qu’une femme bien dans sa peau !

Le photographe Ben Hopper et son projet « Natural Beauty » sur la beauté naturelle

Avec sa série de photos, ce photographe questionne justement sur ce qui est devenu un véritable phénomène de société. Il crée en effet un contraste saisissant entre ce que l’on voit dans les magazines et ces femmes naturelles, sans artifices et pourtant si rayonnantes. Transformer ses complexes en fierté assumée, voilà le mantra du projet :

« Tout l’intérêt de cette série, c’est le contraste entre la beauté féminine à la mode et le look brut et anticonformiste des aisselles poilues d’une femme. J’espère que ces photos surprendront beaucoup de personnes et j’imagine que, d’une certaine façon, c’est ce que je recherche. »

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Daily Mail made a new feature on my ‘Natural Beauty' project yesterday (link in my stories).

I’ve posted 2 photos from the project, and archived them. I wasn’t happy with their Engagement. This is the 3rd one I post. It's one of the 'strongest' photos from my 'Natural Beauty' project, probably the most viral one. It does make me wonder; Instagram doesn’t represent ‘my work’, it represents ‘my work on Instagram’. It’s the highlights, the viral content, the punchy stuff, the images that look good as a thumb, and will likely to attract more likes. Being on Instagram has been a very interesting learning experience for me. What am I doing here? Am I trying to go viral? Am I trying to share the work that I like? The latter has defiantly proved to be a pointless thing to do; each time I tried to share something I really loved, the engagement fell through. It’s a miserable feeling. No dopamine, no sympathy.
I am trying to be mindful when I post on here, I am trying to be present. I am trying to honest with myself, truthful. It’s hard. It’s very hard and I think it's a bit of a shame.
I would love to hear from you; what are YOUR thoughts & experience about it?

Anyway, it’s nice to see ‘Natural Beauty’ going viral again. It’s the 3rd time it’s happening since 2014. It’s a beautiful reminder how this subject and the format of the project is ever so relevant, still. It inspires me and reminds me the power of photography, the impact art has.

“…Your body is beautiful, you don’t need to burn it with lasers” – Maya Felix, in photograph (2014) See the rest of the project + words by the models on therealbenhopper.com (link in my bio).

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Même si Ben Hopper a trouvé une majorité de modèles ayant accepté le jeu, l’une d’entre elle a finalement décidé de ne plus participer au shooting, trouvant ses propres poils trop « dégoûtants ». Cela nous prouve à quel point les femmes sont elles-même prises dans ce cercle infernal des normes de beauté…

Loin d’être démotivé, le photographe a voulu découvrir pourquoi les aisselles poilues sont un tel tabou, pourquoi choquent-elles autant. Les « coupables » ne sont pas très loin. Il s’agit bien évidemment des industries du film et de la mode qui imposent un modèle standardisés de beauté depuis très longtemps. Pour Ben Hopper, il était grand temps de changer tout ça !

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Kyotocat for ‘Natural Beauty’. June 2017. Words continue in comments due to IG character limit. ⠀ (1/2) “I stopped shaving completely when I was a teenager because of two instances. The first? I got tired of all the time wasted on maintenance and the discomfort that came with it. The second was when I went on a few multiple week-long backpacking trips; it would have been extremely inconvenient to spend hours ripping my hair out, so I let things grow. Being so close to nature let me dive deeper into and re-examine the relationship with myself and the world, acting as a mirror. In nature, there is wild; it is as beautiful as it is untamed. How could it be anything other than that? ⠀ I felt so relieved and free when I let it grow out. It felt like being able to breathe. It was incredibly comfortable too. I felt a confidence and boldness returning, like I was replenishing some kind of primal power. ⠀ People respond to it differently all the time. There are very encouraging/positive reactions—women who have messaged me to thank me for changing their mind and pushing them to challenge their motives/experiment with growing their body hair. Then there are people that start to fetishize it, which can be strange. ⠀ People revere my decision as a feminist and bold political statement, which is ironic, considering how almost everybody has some kind of body hair. It is also funny because I am lazy and keeping it is the path of least resistance. There are people who are exceptionally rude and who speak from fear. People who say it’s dirty and that I must be a man. The more important questions to ponder are rather why and how do we live in a culture/society that has deemed it acceptable for certain people to have body hair, and unacceptable for others? Isn’t it absurd that it is socially acceptable for humans to have lots of hair on their head, but not on other parts of their same body? Isn’t it ridiculous and ironic that what grows naturally on its own is seen as unnatural? How did we get here?”

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Ne plus se raser est une véritable ré-appropriation de soi. Lorsqu’on interroge les femmes qui ne se rasent plus, elles expliquent que c’est un choix volontaire de ne plus martyriser son propre corps :

« Je ne dis pas que les femmes devraient commencer à se laisser pousser les poils sous les bras. Je pense juste que c’est une possibilité que les gens ne devraient pas rejeter. J’aimerais seulement que les gens remettent en cause les canons de beauté, de manière générale. »

On trouve cette initiative géniale et bienvenue ! Une bonne dose d’acceptation de soi à retenir pour la période estivale où nous nous efforçons bien souvent de « tout raser » afin d’être socialement acceptable. Il est temps que ça change, soyons comme on a envie d’être !

Aisselles poilues : participez vous aussi au mouvement body positif #Maipoils

Lancé en 2017, ce mouvement interroge sur l’injonction à propos des poils. Femmes, hommes et personnes non-binaires sont invité.e.s, durant le mois de mai et aussi toute l’année, à tenter de donner une place à celui qu’on éradique sans cesse et toujours plus : le poil.

The Body Optimist s’associe d’ailleurs à ce mouvement :

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"Poster ce genre de photos est un challenge pour moi, car j’ai longtemps eu du mal à assumer mon côté féminin⁠ et mes poils. À accepter que je pouvais, avoir l’air d'une femme.⁠ J’ai longtemps assimilé « féminité » à « sexy » et à « vulgarité ».⁠ Ce qui maintenant me semble absurde. Je décide de croire qu'il n’y a rien de plus beau qu’une femme qui s’assume.⁠ La féminité est quelque chose de merveilleux, et peut se manifester sous pleins de différentes manières toutes aussi valables.⁠ Tous les corps sont magnifiques et ne doivent pas forcément rester cachés.⁠ La pudeur n’est pas meilleure que de s’exposer, ce sont juste des perspectives et choix différents.⁠ Les vêtements ne sont pas plus nobles que des sous vêtements ou la nudité.⁠ Les sous vêtements ne sont pas « plus vulgaires » que les maillots de bain.⁠ Une femme sexy n’est pas vulgaire.⁠ Une femme fait ce qu'elle veut de son corps, de ses poils et ça ne regarde qu'elle.⁠ J’ai changé mes croyances et mon conditionnement.⁠ J’ai changé mon rapport à mon corps.⁠ Je ne vois aucune vulgarité.⁠ J’honore mon corps.⁠ C’est un moment d’appréciation et de gratitude envers lui.⁠ Tous les corps sont magnifiques, et je ne vois aucune vulgarité dans le fait de le montrer.⁠ Chacun est libre de le cacher ou, au contraire, de l’exposer.⁠ Chacun fait ce qu’il veut avec son corps.⁠ Ça ne regarde que NOUS.⁠ Comme pour les poils.⁠ Si nous souhaitons les garder, c’est très bien, et c’est normal, ils font partis de nous.⁠ Si nous souhaitons les enlever, c’est très bien aussi, si c’est ainsi qu’on se sent le mieux.⁠ Je vous aime très fort et vous souhaite de vous accepter et de vous honorer de la manière dont vous le souhaitez."⁠ ❤️ @healing_sunshine⁠ .⁠ .⁠ .⁠ #thebodyoptimist #bodypositive #love #girlpower #onveutduvrai

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« Mes nombreux poils noirs sur ma peau pâle n’ont rien de bien esthétique. Au sens contemporain et occidental du terme « esthétique ». ⁠ C’est alors que l’historienne que je suis s’est posée des questions sur l’origine de l’épilation. Pour comprendre, au final que celle-ci était très récente et, surtout, une pure construction sociale imposée aux femmes. Ma relation avec mes poils a alors changé mais le parcours ne s’est pas fait en un jour et, quand vient l’été, sortir non-épilée est pour moi une revendication. »⁠ ✨@brunette_in_the_city⁠ ? @lesensdupoil⁠ .⁠ .⁠ .⁠ #thebodyoptimist #bodypositive #bodyacceptance #women #womenbody #poils #épilation #feminist

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Des aisselles poilues ? Berk ! C’est interdit d'avoir des poils sous les bras quand on est une femme. Mais au fait, qui a décidé ça ? ⁠ Les femmes apprennent très tôt à le détester et même pire, à en avoir honte. Si les hommes ont le droit de choisir entre la version poilue ou épilée pour toutes les parties de leur anatomie, les femmes elles n'ont pas franchement leur mot à dire… Et aujourd’hui encore, le poil féminin reste un sujet tabou dans notre société. Il n'est pourtant ni sale ni anormal. Il est donc grand temps d'apprendre à se décomplexer à son sujet. ?@eugeniedbart⁠ .⁠ .⁠ .⁠ #thebodyoptimist #bodypositive #poils #januhairy #onveutduvrai

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Envie de donner votre avis à propos des aisselles poilues ? On vous attend pour en discuter sur nos forums et plus particulièrement dans la rubrique Confiance en soi, s’accepter.

Amandine Cadilhon
Amandine Cadilhon
Journaliste mode, mes articles, mettent en lumière les diverses tendances et styles qui façonnent l'univers de la mode féminine. Mon objectif est de proposer un contenu diversifié et accessible à toutes et tous, en soulignant l'importance de l'expression personnelle et de l'empowerment à travers la mode.
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